Quand un club de sport professionnel trinque à la loi Evin

 Les Dragons Catalans ! Vous connaissez, vous ? Et bien ce n’est pas le nom du dernier manège d’un nouveau parc d’attraction français. Non. C’est tout simplement le nom d’une équipe professionnelle de Rugby à 13. Et si vous ne connaissez pas encore ce club, c’est bien dommage car, d’une certaine manière, cette équipe est une exception. Un ovni dans le paysage du sport pro français. Une embardée de jeunes Indiana Jones, partis à la recherche du temple perdu, ce temps déchu où le sport français pouvait s’afficher aux côtés des marques de bières, bien appréciées du spectateur et du téléspectateur lambda. Le spectateur moyen, celui toujours prêt à aller se désaltérer à la mi-temps dans les regrettées buvettes lucratives, là où le match est refait 10, 20, 30 fois et où la moindre décision malheureuse d’un joueur ou d’un entraîneur est pointée d’un doigt accusateur par des connaisseurs de la première heure. Et le téléspectateur, « regardeur » plus qu’observateur sportif mais pas très courageux sauf lorsqu’il s’agit de se lever de son canapé pour aller chercher une bière bien fraîche qui permettra de faire passer un peu plus vite les 10 à 15 irritantes minutes qui constituent la mi-temps. En notre beau pays, ces français moyens, cibles de nos annonceurs, n’auront pas la chance de boire la boisson alcoolisée officielle de leur club préféré. La faute à la loi Evin qui interdit toute vente ou publicité d’alcool ou de tabac dans les enceintes sportives. Ainsi, une jolie petite compétition comme la Heineken Cup, la Coupe d’Europe des clubs de rugby, se transforme, au contact des terres françaises, en HCup. On suppose que le directeur de la communication du groupe Heineken doit apprécier. Du côté du basket, une équipe comme le MSB Le Mans, qui va participer cette année à l’Euroleague pour la seconde fois consécutive, va être opposée à la redoutable équipe de l’Efes Istanbul. Efes ? Oui comme Efes Pilsen, cette petite blonde bien savoureuse venue du Bosphore.

Et bien ce « privilège » n’est plus réservé aujourd’hui à nos voisins européens, non embarrassés par les contraintes de notre loi. Non car ces bons petits Dragons Catalans ont mis le feu aux poudres. Ils ont signé un contrat de sponsoring avec la société des Vignerons Catalans. Lors de leurs rencontres à l’extérieur, les joueurs catalans portent un maillot floqué au nom de « fruité catalan ». Une appellation de vins de pays récemment lancée par ces viticulteurs.

Attendez ! Petite question : comment une équipe française de sport professionnel peut-elle se permettre un tel pied de nez à nos autorités sans courir le moindre risque ? Quel est le tour de magie ? En fait, les Dragons Catalans sont une équipe professionnelle de rugby à 13. Mais en France, point de rugby à 13 pro ! Attention, je n’ai jamais dit que cette belle équipe évoluait dans le championnat de France de Rugby à 13. Non car celui-ci est bien amateur. Ce club catalan est engagé dans le très populaire championnat de Rugby à 13 anglais : la « Engage SuperLeague », du nom de son sponsor (coucou le naming). Un championnat qui profite de plus de 1600 heures d’exposition TV par an chez nos voisins britanniques. Et voilà comment nos dragons peuvent faire la promotion en Angleterre des vins de pays « Fruité Catalan ». Et aucun soucis à cela puisque le club ne dépend pas d’une fédération française ou d’une ligue française professionnelle ayant délégation de pouvoir. Elle dépend essentiellement des instances anglaises.

Et voilà, la solution à l’énigme a été trouvée. A l’extérieur, le club n’a aucun problème pour porter ses maillots « Fruité Catalan » car la loi Evin ne peut y être appliquée en aucune manière. Simplement, il n’est pas si simple que ça à tous nos clubs de sport pro de s’engager dans une compétition étrangère. En basket, on pourrait voir Strasbourg en ligue allemande sponsorisé par Fisher, Lyon en ligue italienne sponsorisé par les producteurs de Côte du Rhône ou Gravelines en ligue belge sponsorisé par la bière Saint-Omer. Mais bon ce n’est pas encore prêt d’arriver et c’est un risque, tout ça juste pour signer une marque d’alcool comme sponsor. Non, ce n’est pas très sérieux ! La vraie opportunité, pour les clubs de basket français comme pour ceux du foot ou du rugby, arrivera lorsqu’une ligue européenne de sport collectif totalement fermée verra le jour. Une compétition gérée par une société de droit privée située à l’étranger. Une compétition qui sera retransmise dans les autres pays européens. Une compétition forte capable d’attirer de gros investisseurs. Là, la loi Evin aura pris du plomb dans l’aile et les dirigeants des clubs de sport pro français auront trouvé la parade à une contrainte qui les handicape aujourd’hui dans le contexte concurrentiel des compétitions européennes.

Comme quoi, il y a toujours une solution à tout problème. Il suffit simplement de voir un peu plus loin que le simple bout de son nez et d’oser. En développant un peu et du même coup en s’éloignant quelque peu du sujet, cette perspective jette également un froid sur la réalité de nos lois comparées aux législations européennes en matière de sport. Comment ne pas donner envie à des clubs comme l’Olympique Lyonnais ou l’Olympique de Marseille de voir le G14 accoucher d’une ligue fermée ? Et quand ce jour arrivera, car il arrivera, quel sera donc le niveau de nos championnats nationaux face à ces poids lourds. Comment nos compétitions hexagonales pourront rivaliser ? Existeront-elles encore, tout simplement ? Comme quoi, à toujours parler d’alcool, l’ivresse me rattrape bien vite et me fait dire beaucoup de bêtises. Oui ça doit sûrement être ça ! Essayons de nous rassurer comme nous pouvons…

Ad vitam Basketball

L’Elan Béarnais doit-il se délocaliser ?

Elan Béarnais Pau Orthez. Un monument du basket français. 9 titres de champion de France. 3 Coupes de France. 3 Trophées des As. 1 Semaine des As. 1 Coupe Korac. Le club du sud ouest est la place forte du basket français depuis le déclin de Limoges dans le milieu des années 90. Sur les 10 dernières saisons de Pro A, Pau a empoché 5 titres. Une vraie hégémonie. Le club du directeur exécutif et ancien président Pierre Seillant, est aussi présent au plus haut niveau européen depuis 1996 sans interruption. Un vrai tour de force sur lequel la structure a voulu insister. En effet, la devise de cette place force du basket hexagonal en dit long sur les motivations et la philosophie locales : « le plus dure, c’est de durer ».

Un déménagement salutaire.

Ce succès, l’équipe béarnaise l’a construit sur le parquet mais pas seulement. Au départ, on ne parlait pas de Pau Orthez mais seulement d’Orthez. Petite bourgade des Pyrénées où l’on pouvait déjà croiser de sacrés basketteurs. Un club et une salle mythique : la Moutète. Petite, chaude, légendaire. Un lieu qui sentait le basket. Mais au début des années 90, les orthéziens se sentent légèrement à l’étroit à la Moutète et ne voient pas l’avenir aussi rose qu’ils le souhaiteraient dans leur village. Bien vite une solution est trouvée. Le club migrera vers le tout proche voisin palois avec en prime la construction d’une nouvelle salle, un Palais des Sports de 7707 places. Le déménagement se fait non sans quelques larmes mais celles-ci sont vite séchées ? En effet, les dirigeants béarnais ont eu un temps d’avance sur leur homologue français. Doté d’une telle salle, d’un tel écrin, le nouvel Elan Béarnais Pau Orthez va s’installer durablement tout en haut des classements et finir par écraser la concurrence. Ce déménagement aussi douloureux soit-il aura été le facteur déclenchant de la domination paloise. Aucune équipe de basket française n’est capable de rivaliser avec les infrastructures que propose Pierre Seillant à ses joueurs, spectateurs et sponsors. Et naturellement, la petite ville du sud ouest s’impose comme le budget le plus solide de Pro A. Et il en sera ainsi durant 15 bonnes années, jusqu’à aujourd’hui.

L’ascension se termine, place à la descente.

Car aujourd’hui, si le club palois est toujours le plus fort financièrement, il a atteint son maximum au début des années 2000 et sent maintenant que la pente s’inverse, que le déclin s’amorce doucement mais surement. Comme tout produit, l’Elan a sa courbe de vie, une parabole. Bien que toujours attractif pour les joueurs et les sponsors, l’Elan Béarnais Pau Orthez n’a plus gagné le championnat de France de basket depuis 2004. Pire, il n’a pas participé aux play-offs cette saison. Pau absent de la post saison, des 8 meilleures formations françaises ? Une fausse vilaine blague qui n’est pas plus qu’une dure réalité. Le club du direx Seillant n’est plus ce qu’il était de l’aveu même de son emblématique dirigeant. Ce dernier avoue qu’il va certainement falloir en passer par des années de vaches maigres pour relancer la machine, qu’il est impossible de se maintenir tout en haut de l’échelle éternellement. Il en a conscience, une époque s’est terminée, une page s’est tournée. Les avantages conquis sur les adversaires grâce au Palais des Sports ne suffisent plus. Pau a atteint ses limites, son « seuil de compétence ». L’ancien assureur des AGF le sait. Il va falloir changer les choses s’il ne veut pas voir son club s’enliser dans le ventre mou du basket français. Il sait que pour continuer à grandir, à progresser, pour s’ériger face aux autres clubs, il va falloir de nouveau avoir un coup d’avance, comme il y a 15 ans. 

Le basket français à un tournant.

Car la France du basket est en train de connaître une mutation. René Le Goff, Président de Ligue Nationale de Basket avait souhaité faire un petit inventaire du monde de la balle orange en commandant un livre blanc du basket français. Les conclusions de cette étude ont été sans discussions possibles : les clubs français ne sont et ne peuvent pas être compétitifs face à leurs homologues européens ou face aux autres sports collectifs sur son propre sol. Des solutions ont donc été préconisées et un projet de Superligue est sorti de terre pour justifier les futurs changements à venir. Une Superligue basée tout autant sur le mérite sportif que sur des données structurelles et économiques a alors été dessinée : capacité de salle minimum, budget minimum, répartition des ressources… Entre les lignes, le projet est clair. Il va falloir grossir ; exploiter au maximum les capacités des clubs. Il va falloir se mettre au niveau des voisins espagnols, italiens, allemands et même belges. Et ceci ne sera possible qu’avec de nouvelles installations, de nouvelles salles, de nouveaux espaces d’accueil… Il va falloir donc  se diriger vers les grandes zones urbaines. Car c’est bien là le problème du basket français. C’est un sport de village et non de grandes villes comme le football. Sur les 10 plus grandes zones urbaines françaises, on ne compte que 4 équipes de Pro A : Paris (Paris-Levallois), Lyon (ASVEL), Strasbourg (SIG) et Toulon (HTV). Pas de Marseille, pas de Lille, pas de Toulouse, pas de Nice, pas de Bordeaux, pas de Nantes (l’Hermines est en Pro B). Un vrai handicape pour un sport qui veut se développer. Et René Le Goff le sait. Il a récemment accueillit les bras grands ouverts la fusion entre le Paris Basket Racing et le club de Pro B de Levallois. Une fusion qui laisse enfin espérer voir se développer un grand club dans la capitale. Il voit aussi d’un très bon œil les agissements des dirigeants asveliens qui ont pourtant claqué la porte de la LNB. Il se frotte les mains quand il va assister à un match dans le récent Palais des Sports de Toulon. Par contre, quand on lui parle de Cholet, de Chalon, de Dijon, de Roanne ou de Vichy, il respecte mais il ne voit pas les mêmes perspectives. Quand on lui dit Pau, malgré le palmarès, son analyse est la même. Ce n’est pas grâce aux villes moyennes que la balle orange décollera dans notre pays. Et Le Goff n’est pas le seul à le penser…

Retour vers le futur ?

En effet, en coulisse, il se dit que Seillant aurait déjà une petite idée derrière la tête pour redresser la barre de « SON Elan Béarnais ». On sait que le mythique dirigeant palois devrait bientôt tirer sa révérence pour profiter d’une retraite bien méritée. On imagine donc qu’il aura à cœur de léger un beau projet à ceux qui prendront sa suite. On serrait prêt à parier qu’il ne voudra pas voir son bébé mourir sans rien faire, sans rien tenter pour le sauver, pour le faire rebondir. REBONDIR. Comme il y a 15 ans… Les rumeurs disent que la solution a déjà été trouvée et que le prési-direx étudierait la possibilité d’un nouveau déménagement. Pau est aujourd’hui trop petite pour les ambitions de son équipe. Les dirigeants le savent, le bassin de population est trop faible pour espérer résister aux futurs cadors qui se construisent en Pro A dans les grandes villes de Lyon et de Paris. S’ils veulent garder le même niveau de jeu et d’ambitions, les dirigeants vont devoir, une nouvelle fois prendre les choses en main et faire couler quelques larmes. Seillant a Bordeaux dans son viseur. 200 km, c’est éloigné mais la ville et la zone urbaine sont assez grandes pour nourrir le projet palois. Là-bas, il n’y a pas encore de basket de haut niveau même si le club local, la JSA évolue en Nationale 1.

Alors va-t-on revivre le même scénario qu’il y a 15 ans ? L’Elan Béarnais va-t-il déménager vers Bordeaux et faire couler quelques larmes ? Les dirigeants vont-ils une nouvelle fois avoir un coup d’avance sur la concurrence pour recommencer à gagner ? Il faudra en tout cas peser le pour et le contre et trancher. Et c’est encore Pierre Seillant, l’architecte de la première délocalisation qui va devoir s’y coller. « Le plus dur, c’est de durer »…

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L’Adecco ASVEL embarqué dans la navette Apollo du sport professionnel européen.

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Où va l’ASVEL ? Telle était la question posée en couverture du BasketNews du 1er mars 2007. En effet, l’annonce d’une vente ou d’une ouverture du capital du groupe Gone&Sports, propriétaire de l’ASVEL mais aussi du Grand Prix de Tennis de Lyon et du Marathon de Lyon a fait jazzer dans le milieu du basket français qui n’est pas toujours un fervent supporter des ambitions affichées par l’équipe dirigeante villeurbannaise. Ici et là, nombreux sont ceux qui ont profité de cette information pour monter au créneau et accuser leurs collègues lyonnais de vouloir, « une fois de plus »,faire du business et de l’argent sur le dos d’un club de sport professionnel sans se soucier du reste.

Alors, les Thiodet et Moretton sont-ils de simples opportunistes ayant flairé le jackpot financier pour s’en mettre plein les poches ou bien ont-ils vraiment l’intention de trouver de nouveaux partenaires afin d’avancer sur la voie qu’ils se sont tracés il y a plus de 5 ans lorsqu’ils ont repris le club ?

Peu importe en fait. Regardons plutôt ce qui risque de bientôt se passer. Intéressons-nous plutôt à ces investisseurs plus ou moins anonymes. Tentons plutôt de comprendre ce qui pourrait les motiver à investir dans un club professionnel qui évolue dans un sport peu médiatisé dans notre pays et qui est loin d’atteindre un niveau de compétitivité à toute épreuve en Europe. On nous parle du groupe américain AEG, constructeur de salle en NBA, de la société LG Events ou encore de l’Olympique Lyonnais ! Mais on parle encore plus du groupe Lagardère, nouveau grand manitou du sport hexagonal qui vient récemment de racheter Sportfive où justement, Gilles Moretton est le directeur. Mais qu’est-ce qui peut donc intéresser tout ce beau monde ?

Et bien pleins de choses en fait. Je m’explique. Antony Thiodet a une certitude : la NBA va débarquer en Europe d’ici 5 ans. Ce n’est pas pour rien si le bonhomme se déplace tous les ans pour le All Star Game ou pour visiter des clubs de la grande ligue US. Il le sait, il faut entretenir des liens avec ce réseau influent si Lyon veut être sur la future carte NBA du Vieux Continent. L’étape asvelienne du premier NBA Europe Live Tour était déjà un pas de géant dans l’atteinte des objectifs du direx lyonnais.

Essar Gabriel, le cauchemar de Thiodet.

Mais… mais cet été un petit souci est venu précipiter quelque peu les plans de nos visionnaires. Le club de basket parisien, le Paris Basket Racing, a été racheté par un certain Gabriel Essar. Pas un fou. Le gusse était sur le front lors de la candidature parisienne à l’organisation des JO 2012. Il gérait le groupe d’investisseurs privés. Il a donc des contacts mais aussi une certaine idée de l’évolution du sport sur notre continent. Une idée qui est proche, même très proche des idées de nos compères de Gones&Sports. Alors, me direz-vous, Moretton et Thiodet ont dû être assez soulagés par cette arrivée dans le basket français. Ils doivent se réjouir d’avoir enfin quelqu’un qui est apte à aller dans le même sens qu’eux ? Et bien oui et non. Oui car ils sont enfin écoutés et compris par un de leurs collègues. Et non car ce collègue-là risque d’être un peu trop envahissant. Il risque d’être gênant. Les responsables villeurbannais le savent. Si la NBA s’installe en France, Paris aura les faveurs de David Stern, le grand patron ricain. Car Paris, c’est Paris. On peut vendre une équipe dans notre capitale rien que sur le nom et la réputation de la ville dans le monde entier. Un atout, un vrai. Une chance que n’a pas Lyon. Pour le moment, les dirigeants villeurbannais ont de l’avance tant le chantier parisien est immense et n’en est encore qu’à ses débuts. Mais si le club lyonnais ne fait rien pour avancer encore plus vite et pour être prêt avant tout le monde tout en étant capable de garder son avantage face à la concurrence parisienne, Thiodet sait très bien qu’il se fera damner le pion par la capitale française et qu’à l’heure de choisir où implanter une franchise NBA en France, les pontes de la National Basketball Association auront vite fait de faire leur choix si le club parisien se porte candidat. C’est pour ça qu’il est grand temps de passer la seconde pour l’ASVEL.

Pas si dure que ça de trouver des partenaires…

Alors c’est simple à dire, de passer la seconde ! Mais est-ce aussi facile que ça à faire ? Car à l’heure actuelle, l’ASVEL se débrouille un peu toute seule avec les moyens du bord. Elle donne le maximum et est bien incapable d’en faire plus et plus vite de surcroît. Il faut donc aller chercher ailleurs de l’aide. Faire venir de nouveaux investisseurs. Pas très simple quand on croise dans le championnat de France de basket qui n’intéresse pas grand monde ! Et bien détrompez-vous. S’il est vrai que la Pro A et le basket en général ne passionnent que peu les français et les médias généralistes voire même sportifs, il aiguise, par contre, la curiosité de nombreux investisseurs. Vous pensez sûrement que je suis totalement fou et vous n’êtes pas si loin de la vérité. Mais sur ce point précis la folie n’a pas lieu d’être. Qu’est-ce qui peut intéresser le groupe Lagardère ? Ou encore, plus curieux, l’Olympique Lyonnais ? Je vais prendre le cas du club de Monsieur Aulas pour expliquer ma pensée.

Aulas au « secours » de l’ASVEL.

L’OL va investir dans l’ASVEL pour une simple et bonne raison : c’est dans son intérêt que l’Adecco ASVEL aille au bout de ses idées. L’ASVEL croit en une chose, l’arrivée de la NBA en Europe et compte bien y participer en devenant la première franchise française. Qui dit NBA dit ligue de sport professionnel fermée. Pas de montée ni de descente. Un vrai gage de sécurité pour les investisseurs et les annonceurs. Le rêve de nombreux dirigeants de clubs de sport européens. Et notamment des dirigeants du très riche et très influent G14. Ce groupe de clubs de football européens qui réunit les plus riches : Manchester United, Milan AC, Real Madrid et… Olympique Lyonnais. On le sait, le G14 n’a qu’une seule idée en tête : ne plus traiter avec l’UEFA pour l’organisation des compétitions de clubs mais créer une compétition fermée réunissant essentiellement les clubs les plus riches d’Europe. Et on sait aussi que cette idée fait couler beaucoup d’ancre et grincer énormément de dents dans le milieu du ballon rond qui voit dans ces velléités la mort du football et de ses valeurs. Et pour le moment, Aulas et ses compagnons de jeu ne font pas encore le poids face à l’opinion public et face à l’UEFA. Malgré leur importance, l’instance dirigeante du football européen se refuse à, ne serait-ce que débattre sur la question. Alors contre fortune bon cœur, Monsieur Aulas a vu tout l’intérêt du projet villeurbannais pour ses propres ambitions. On le sait, le basket a toujours eu un temps d’avance sur ces concurrents européens en termes d’organisation des compétitions. Notre Euroleague est en effet déjà gérée par une instance privée, indépendante de la FIBA Europe. Le clash a eu lieu au début des années 2000 et c’est l’ULEB qui a remporté la victoire face à son concurrent institutionnel. Et aujourd’hui, l’Euroleague, la Champions League du basket, est déjà une ligue semi fermée. Certains clubs y figurent en effet pour 3 ans sans que leurs résultats en championnat national ne viennent influencer leur participation on non à la compétition rêne. Mais ça ne suffit toujours pas à donner du crédit aux espérances des richissimes clubs de football. L’arrivée en Europe de la NBA avec un système de franchises et une ligue de sport totalement fermée serait, par contre, un joli coup de pouce pour nos amis footeux. Si ce système fonctionne, ils pourront ainsi avancer de nouveaux arguments pour faire aboutir leurs idées. L’ASVEL est donc une sorte de laboratoire vivant pour Michel Aulas. Si Thiodet et Moretton réussissent à aller au bout de leur projet, c’est tout le G14 qui pourra en récolter les fruits.

Un investissement en Recherche & Développement.

Voilà, pour résumer, on peut dire que les futures partenaires de l’Adecco ASVEL vont placer leurs billes dans le club villeurbannais comme d’autres entreprises investissent dans leur service R&D. Thiodet se retrouve donc aux commandes de la navette Apollo du sport professionnel européen afin de découvrir et d’explorer de nouvelles contrées encore inconnues en vue d’y implanter, dans le futur, toute une partie de notre humanité sportive professionnelle, la partie la plus riche bien entendu !

Ad Vitam Basketball

NBA Europe Live Tour 2007

nba-europe-live.JPGVous souvenez-vous-en ? En octobre dernier, Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et leurs coéquipiers des San Antonio Spurs avaient passé une semaine entière en France à Lyon pour y effectuer une partie de leur training camp et pour se préparer en affrontant l’Adecco ASVEL à Lyon à l’Astroballe et le Maccabi Tel Aviv à Paris Bercy. Un vrai honneur pour notre championnat et notre pays et une récompense pour les dirigeants villeurbannais. En parallèle au séjour français des Spurs, d’autres franchises NBA avaient eu le loisir de visiter l’Europe et de se préparer en Espagne (Barcelone), en Italie (Trévise), en Russie (Moscou) pour se retrouver en Allemagne, à Cologne pour terminer en feu d’artifice, dans une salle aussi belle que ce que veulent et demandent les ricains chez eux. Tout ça, c’était en 2006. La France était gâtée, fière d’accueillir un tel évènement. Elle pouvait surtout s’estimer chanceuse car même si le travail effectué par les dirigeants villeurbannais a montré à cette occasion qu’il payait, faire venir une équipe comme celle de Tony Parker dans une salle de 5600 places pour y organiser un match est proche du ridicule. Et puis si ce n’était pas l’ASVEL, quel autre club aurait pu soutenir un tel projet ? Quel club est assez structuré et assez ouvert pour investir sur un tel projet, très gourmant d’un strict point de vue financier ? Aucun. Si nous avons eu le NBA Europe Live Tour la saison passée, c’est essentiellement grâce à l’image de notre pays dans le monde, à son côté glamour, à l’effet Paris et au travail non dénué d’intérêt du club de l’agglomération lyonnaise. Car pour le reste, la NBA n’est pas venue pour nos magnifiques, modernes, spacieuses et luxueuses salles ni pour notre capacité reconnu à organiser de gros et grands shows. Non, Bercy étant déjà, pour ces exigeants hôtes, proche de la préhistoire du divertissement sportif, une salle juste bonne à organiser des matchs universitaires et encore pas de haut niveau.

Conséquence de tout ça ? Et bien, pour la seconde édition de cette foire de la NBA sur le vieux continent, pas d’étape française au programme. Les villes sélectionnées pour les training-camps étant Rome, Malaga, Istanbul et Trévise. Deux autres villes se retrouveront au programme pour les oppositions, à savoir Madrid mais aussi Londres où une salle multifonctions à la sauce ricaine vient d’être construite : la O2 arena. L’Angleterre qui n’est pas une terre de basket, loin de là, arrive à attirer la grande ligue chez elle sur la seule foi d’une luxueuse salle. Comme quoi, aux yeux des dirigeants de la NBA, la France n’a pas, aujourd’hui, plus d’atouts ou d’attraits que l’île de nos amis britanniques quant à la promotion du basketball américain. Comprenez que si l’hexagone est bien plus éduqué et évolué par rapport à la tradition de la balle orange, il n’en est encore qu’à la préhistoire au niveau des infrastructures, là où les anglais sont eux déjà aptes à abriter des shows dignes de ce nom et à proposer aux spectateurs, un niveau d’accueil et de satisfaction optimal. Il ne faut surtout pas s’y tromper. Nous avons paradé l’année passée mais cette saison nous serons bredouilles alors que nos voisins transalpins et hispaniques joueront encore cette saison à la baballe avec les grandes stars US. Mais bon comment lutter ? Malaga : 10000 places ! Madrid : je ne sais plus mais on doit pouvoir rentrer 12000 fans sans soucis. Trévise et Rome : allez voir vous-même ! Mais pensez à prévoir vos mouchoirs car le choc risque d’être important.

Alors question : sommes-nous une nation qui compte dans le basket européen des clubs et des ligues ? Travaillons-nous dans le bon sens ? Avons-nous de saines ambitions et surtout sont-elles dirigées vers des réalités de développement à long terme ?

Ad Vitam Basketball

Homosexualité + sport pro collectif = jackpot marketing ?

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La question peut paraître déplacée tant le sujet est sensible, même aujourd’hui. Mais elle mérite d’être posée d’un pur point de vue d’image, de notoriété et de gros sous. En effet, le mois dernier, John Amaechi, ancien joueur NBA entre les années 1995 et 2003, qui a aussi fréquenté les parquets de LNB durant deux saisons, a annoncé son homosexualité avant la parution de son livre intitulé « A man in the middle », son histoire de joueur gay dans le monde de
la NBA.

Suite à cette annonce, de nombreuses réactions ont été enregistrées, la plupart du temps pour soutenir l’ancien joueur et pour lui apporter soutien, confiance et reconnaissance. Mais dans ce lot de bons sentiments, on a aussi eu droit à un fruit pourri ; à une remarque quelque peu déplacée et idiote si l’on veut rester poli par rapport au joueur qui l’a faite. Tim Hardaway, ancienne star des Golden State Warriors et du Miami Heat, a en effet déclaré : « Je déteste les gays. Et je n’aime pas être entouré de gays. Je suis homophobe. Cela (l’homosexualité) ne devrait être dans ce monde, ou aux Etats-Unis (…). Et ensuite, s’il avait été dans mon équipe, j’aurais vraiment pris mes distances, parce que je pense que ce n’est pas normal. Et je ne pense pas qu’il devrait partager notre vestiaire ». Des mots qui peuvent sembler très étonnant de la part d’un joueur afro-américain. On sait en effet, que de tels propos étaient tenus en un autre temps par des joueurs de basket blancs qui s’offusquaient de partager la balle et le terrain avec des joueurs de couleur. Il aura fallu tout le courage et le talent d’une poignée de joueurs black pour changer les choses. Un symbole pour tout un peuple. Aujourd’hui, Amaechi reprend ce flambeau. Celui de représenter une minorité « opprimée » et rejetée d’un certain milieu, celui du sport professionnel collectif. Et à la manière d’un Martin Luther King, adepte du langage et de la non violence, la basketteur anglais (pays de naissance de Amaechi) se félicite de l’intervention malheureuse de Hardamay. S’il accuse et déplore le fond des propos de l’ancien dream teamer, Amaechi est par contre très heureux de la franchise dont à fait preuve son ancien collègue. Une franchise qui en dit long sur les pensées de nombreux autres basketteurs actuels ou retraités.

Loin de toutes ses considérations de tolérance ou d’éthique, le propriétaire préféré de tous les internautes fans de NBA, le businessman texans, j’ai nommé Mister Cuban (Dallas Mavericks), s’est lui penché sur le côté marketing du problème. Et pour lui, pas de doute. La combinaison sport pro collectif et homosexualité représente le meilleur cocktail de communication possible : le jackpot garanti. « Si vous êtes joueur et homosexuel, et que vous voulez être extraordinairement riche, vous devriez le dire, parce que ce serait la meilleure chose qui puisse vous arriver sur le plan du marketing et du parrainage. Vous deviendrez le héros parfait pour beaucoup plus d’Américains que vous ne pouviez l’être en tant qu’athlète. Et cela vous apportera beaucoup d’argent ». Si le discours transpire l’opportunisme malsain et l’arrivisme affiché, il n’en manque pas pour autant d’intérêt. Et si en plus de ça, ces déclarations étaient cousues de vérités ? L’homme est loin d’être bête surtout quand de l’argent est en jeu et il maîtrise mieux que quiconque les subtilités de la communication parallèle, celle qui n’inonde pas nos intermèdes publicitaires durant nos soirées télévisées mais bien plus celles qu’on se transmet de main à main, de mail à mail, de bouche à oreille. Et s’il avait raison le Cuban ? Et si un joueur de basket NBA en activité se déclarait homosexuel ? Qui peut dire si ce joueur ne deviendrait pas pour de nombreuses personnes, un symbole, un modèle, un identifiant ? Et par la même occasion, un leader de pensées, un référent donc un très bon client pour les annonceurs en mal de proximité avec une certaine communauté ? Non le proprio des derniers finalistes NBA est bien trop intelligent pour se tromper. Regardez l’engouement suscité par Adam Morrisson, ce jeune blanc-bec, moustache pré puberte sous le nez et physique de grunjy squelettique, joueur des Charlotte Bobcats, est le chouchou de toute l’Amérique blanche qui retrouve en lui le fiston du coin, du voisin, du plouque de la ferme qui fait le coin de la rue. Alors pourquoi pas un gay ?

Il ne nous reste plus qu’à attendre pour voir s’il y a bien de l’homosexualité dans le sport collectif et si un joueur est capable de le dire et d’assumer tout ce que cela va engendrer. Reste à savoir aussi, si un joueur NBA en activité fait son coming out, Mark Cuban cherchera-t-il à le transférer illico-presto dans sa franchise pour profiter des retombées ? On le voit, si au départ, nous sommes confrontés ici à une vraie question de société, on arrive très vite à la dévier sur une question d’argent. Car l’argent, comme l’expression le dit, n’a pas d’odeur, mais pas plus de couleur, de sexe ou de préférence sexuelle… En clair, le business land du marketing serait le paradis perdu de la tolérance universelle.

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Bienvenue sur mon blog. Je traite ici de l'actualité du basketball et du marketing sportif. Mais, ce que je dis ou ce que j'écris n'est pas le plus important. En effet, sans vous, sans vos commentaires, ce blog n'a pas lieu d'être. Je vous invite donc à vous exprimer et à donner votre avis sur les différents sujets abordés. Bonne lecture et merci.

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