Plus que le lockout, la retraite de Yao Ming est un catastrophe pour la NBA

Yao MingA seulement 30 ans, Yao Ming, le meilleur basketteur chinois de tous les temps, devrait annoncer prochainement sa retraite sportive. Rien n’est encore officiel mais il semble que le géant chinois soit lassé des blessures à répétition dont il a été victime tout au long de sa carrière NBA qui n’aura duré, au bout du compte, « que » neuf saisons. Il se retire donc avec un palmarès individuel intéressant : 8 selections au All Star Game et des moyennes de 19 points, 9.2 rebonds et 1.9 contres par match. Il laisse un grand vide dans sa franchise des Houston Rockets mais, peut-être encore plus, dans le business de la NBA.

Un vrai joueur de basket

226 cm. C’est la taille de Yao Ming. Un véritable géant. Avant lui, la NBA avait déjà connu d’autres grandes tiges de la sorte. Des géants encore plus longs comme Manute Bol (231 com), Gheorghe Muresan (231 cm) ou encore Shawn Bradley (229 cm). Mais, contrairement à ses prédécesseurs, le géant chinois n’était pas une « bête de foire » ou un simple gadget. Yao Ming était dominant et nombreux étaient ceux qui pensaient que son arrivée en NBA pouvait révolutionner le jeu. Pensez donc que ce garçon de 226 centimètres pouvait courir comme un ailier et possédait surtout une technique irréprochable.

Yao Ming

La carrière qu'aurait dû et pu connaître ce géant chinois de 226 cm a été gâchée par des blessures à répétition. La faiblesse de tous les très grands gabarits. Malheureusement.

Mais, comme un Arvydas Sabonis avant lui (220 cm), Yao Ming est un géant aux pieds d’argile. Les blessures ont gâché sa carrière. Il n’a pu prendre part qu’à 5 rencontres lors de la dernière saison. Sa saison 2009-2010 aura même été blanche. Sur les six derniers exercices, le porte drapeau du basket chinois aura manqué un total de 250 matches. Même si cela est triste, on peut se dire que Yao a pris la bonne décision pour sa santé. Car des blessures sur un corps de 226 centimètres sont encore plus handicapantes que sur un corps normal.

Un Dieu vivant en Chine

Avant même d’être un formidable basket, Yao Ming est avant tout un Dieu vivant dans son pays. Ming n’est pas le premier joueur chinois à avoir foulé les parquets NBA. C’est le vénérable Wang Zhi Zhi qui a eu cet honneur en 2001 lorsqu’il a été autorisé par son gouvernement à rejoindre les Dallas Mavericks qui l’avaient drafté en 1999. Bien que grand lui aussi (216 cm) Wang Zhi Zhi n’a joué que les utilités dans la grande ligue, ce qui ne correspondait certainement pas aux attentes des dirigeants du parti.

Au contraire, avant même son départ pour le pays de l’Oncle Sam, Yao était déjà une star et sa réussite sur les terres du Nouveau Monde ne faisait aucun doute. Au sein de la CBA (Chinese Basketball Association), Yao dominait outrageusement ses concurrents et a permis à son équipe des Shanghai Sharks, dont il est aujourd’hui le propriétaire, de remporter de nombreux trophées. Il a été drafté en première position en 2002 et a rejoint les Houston Rockets pour le début de la saison 2002-2003.

Yao Ming est donc la première star chinoise de NBA. A ce titre, il représente à lui seul la réussite du peuple chinois dans le monde. Les dirigeants du pays le plus peuplé au monde ont su se servir, politiquement, de ce formidable athlète. En 2005, Yao est ainsi décoré du titre de « travailleur modèle« . Lors des Jeux Olympiques de Pékin, c’est lui qui a eu l’honneur d’être le porte drapeau de son pays lors de la Cérémonie d’Ouverture. Ming est plus qu’un basketteur. C’est une icône.

Menace sur la NBA

Si Yao Ming annonce officiellement sa retraite, David Stern et tous les dirigeants de la NBA vont peut-être tomber de leurs chaises. En effet, plus que le lockout, la vraie mauvaise nouvelle de l’été est peut-être là pour le business de la Grande Ligue.

David Stern

David Stern a la tête des mauvais jours. Avec la retraite annoncée de Yao Ming, c'est tout un peuple qui risque de délaisser les images et les infos de la NBA.

A son arrivée à Houston en 2002, la NBA avait mis les petits plats dans les grands pour ce joueur qui lui ouvrait les portes d’un marché dont elle rêvait depuis de très (trop) longues années. Même si peu l’on vu, et pour cause, il n’a jamais été diffusé sur un autre support que DVD, la NBA a produit un documentaire sur la première saison du pivot de 2m26. Il est intitulé « The Year of Yao » et retrace les premiers pas du géant chinois dans l’univers NBA. Un honneur que n’ont pas eu nos joueurs français ni aucun autre joueur étranger. Preuve, si besoin, que le grand Yao est un joueur à part, aussi au niveau du business. Le joueur en a d’ailleurs profité en signant de nombreux partenariats avec des marques souhaitant s’imposer sur le sol chinois. Il suffit de taper « Yoa Ming commercial » sur Google pour se faire une idée. Ci-dessous, celle pour Apple où Yao donne la réplique à Verne Troyer. Peut-être la plus connue de toute.

La retraite de Yao devrait donc avoir des conséquences sur le sponsoring en NBA. Certains annonceurs, conscients de la perte d’attractivité de la NBA en Chine, réfléchiront peut-être à deux fois, désormais, lorsque viendra l’heure d’investir une partie de leur budget communication dans les franchises ou dans les spots de pubs des diffuseurs. Car d’après un sondage réalisé en début de semaine dernière, il apparaît que 57% des amateurs de NBA en Chine prévoient de ne plus regarder les rencontres à la télévision ou de s’intéresser à la ligue. Ces chiffres ont de quoi faire trembler David Stern dans ses bureaux de New York.

Le site Internet nba.com risque aussi de souffrir de ce départ prématuré à la retraite. En 2008, on estimait déjà qu’un tiers des visites sur nba.com provenaient de Chine. Si les chinois ne s’intéressent plus à la NBA, il y a potentiellement un tiers de l’audience du site qui risque de partir en fumée. C’est plus qu’énorme. D’autant plus lorsqu’on connait les revenus générés par les publicités sur la grande toile. D’après Barclays Capital, en 2010, nba.com a réalisé 22 millions de dollars de revenus publicitaires. Un résultat en hausse de 88% par rapport à 2009. En 2008, ces revenus s’élevaient à « seulement » 6.2 millions de dollars. Aujourd’hui, 12.2 millions d’internautes se rendent sur nba.com pour prendre connaissance des résultats des rencontres ou voir des résumés vidéos. Si les chinois (environ un tiers de l’audience du site) délaissent les informations sur le basket américain, le manque a gagné risque donc d’avoisiner 7 millions de dollars. Et ceci, sans compter les non renouvellements possibles de certains contrats publicitaires.

Enfin, cette retraite est également une très mauvaise nouvelle pour la filiale de la NBA en Chine. En 2008, après à peine une année d’existance, la NBA Chine était valorisée à 2.3 milliards de dollars. Toujours en 2008, Walt Disney Company et quatre fonds d’investissement chinois (Bank of China, China Merchant Bank, Legend Holding et Hutchinson Whampao) avaient investi 250 millions de dollars pour obtenir 11% des parts de cette filiale. NBA Chine détient le drot de créer des franchises NBA en Chine, ainsi que de gérer les droits marketing et Tv. Ce qui n’est pas une mince affaire puisque que le marché chinois est, depuis 1979 et un match entre les Washington Bullets et la sélection chinoise, le premier marché extérieur de la grande ligue américaine.

Alors qu’est-ce qui est le plus grave ? Le lockout ou la retraite de Yao ?

Pour le plaisir, quelques photos qui montrent et démontrent que Yao Ming est unique.

Yao Ming

Il y a quand même une petite différence de taille non ? Et sans photoshop !

Yao Ming Vélo

Le vélo spécial pour Yao Ming. Pas sûr qu'il puisse remporter le Tour de France avec cela.

Yao Ming Vélo

Yao Ming en train de tester son vélo spécial. Tout paraît presque normal. C'est proportionnel.

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