Pourquoi les jeunes basketteurs français rêvent de NBA ?

Evan Fournier - Crédit Photo Alexis Réau - PB 86Evan Fournier, le jeune arrière shooteur du Poitiers Basket 86 a participé ce samedi 9 avril au Nike Hoop Summit de Portland. Le Nike Hoop Summit est un match annuel qui oppose les meilleurs jeunes joueurs américains aux meilleurs jeunes joueurs du reste du monde. C’est l’occasion pour ces basketteurs à fort potentiel de se faire repérer par les recruteurs des équipes NCAA et par les scouts des équipes NBA. De nombreuses stars de la Grande Ligue ont par le passé pris part à cet évènement. Les plus connues sont Kevin Garnett, Baron Davis, Jermaine O’Neal, Dirk Nowitzki, Tony Parker, Nicolas Batum et Serge Ibaka. L’équipementier Nike est propriétaire et organisateur de cet évènement.

Fournier devait-il s’absenter en plein milieu de saison ?

Le jeune Fournier, 18 ans, a donc pris la direction des Etats-Unis dimanche dernier, après avoir participé à la belle victoire de son club face à la Chorale de Roanne. Il a notamment inscrit 6 points dans les deux dernières minutes de la rencontre. Par contre, ce week-end, Evan n’a pas pu être aligné sur le terrain avec ses coéquipiers du PB 86 face au STB Le Havre. Pourtant, son coach Ruddy Nelhomme aurait eu besoin de lui dans une rencontre qui comptait dans la course au maintien. Malgré cet enjeu sportif, ni le coach ni ses dirigeants ne se sont opposés à ce déplacement à Portland en plein milieu de saison pour leur numéro 13. Ils ne s’y sont pas opposés pour la simple et bonne raison que cela avait été clarifié dès le début de saison, lorsque le jeune homme et son agent ont signé le contrat qui lie cet espoir du basket français au PB 86. De plus, comme l’explique Benoit Dujardin – responsable de la communication du PB 86- dans les colonnes du Journal L’Equipe, le club pictavien souhaite accompagner son jeune joueur dans cette expérience et espère le voir rejoindre un jour la NBA.

D’ailleurs, quel intérêt le club aurait à s’opposer à cette volonté ? Qu’aurait-il à y gagner ? La Pro A a-t-elle les moyens de retenir ses meilleurs joueurs et notamment les plus jeunes ? De futurs hauts potentiels ne seraient-ils apeurer par un club ou des dirigeants risquant de mettre en danger leur carrière et leur futur de basketteur ? Quel message enverrait un club qui ne prendrait pas en compte les souhaits d’évolution de carrière de ses joueurs – il est d’ailleurs facile d’extrapoler cette question au monde global du travail – ? Le PB 86 prend le parti d’aider et de valoriser son jeune talent. L’intérêt du club est préserver car, si jamais Evan Fournier vient à être drafté d’ici à ses 22 ans, le club avec lequel il est sous contrat pourra toucher jusqu’à 500.000 $ de « transfert » si ce joueur signe un contrat avec une équipe NBA. Une somme non négligeable dans un budget comme celui de Poitiers (2.700.000 €).

La NBA : un rêve de gosse

Côté joueur, il est également compliqué de faire la sourde oreille aux chants des sirènes de la grande ligue. Tout d’abord, qu’on le veuille ou non, la grande majorité de nos jeunes basketteurs rêvent de NBA pour la simple et bonne raison que c’est, à ce jour, le basket le mieux présenté et le mieux mis en valeur sur notre territoire. D’un point de vue visuel, il n’y a pas photo entre un spectacle offert par la NBA et un match de Pro A. Mais ce point n’est peut-être pas le plus important. Il faut aussi prendre en compte l’aspect financier. Une carrière de basketteur dure au maximum 15 ans (20 pour les plus têtus). Sur ce laps de temps somme toute restreint, un basketteur professionnel se doit d’assurer son avenir jusqu’à la retraite. Parfois, il doit assumer le confort financier de sa femme, de ses enfants et de sa famille. Dans ce sens, il lui est d’autant plus difficile de ne pas entendre les arguments avancés par la NBA qui propose un minimum salariale attrayant pour des basketteurs issus de notre Pro A peu lucrative. Pour se faire un idée précise des différences salariales qui existent entre ses deux ligues, il suffit de jeter un coup d’oeil sur les salaires des rookies en NBA (joueurs débutants).

Les sommes sont exprimées en K$ par an

Qui dit carrière dit salaire. Il ne faut pas l’oublier.

Notons également l’exemple de Pape Sy. Ce jeune meneur/arrière français évoluait jusqu’à la saison dernière avec le club du STB Le Havre, dans un anonymat total. Ses statistiques (5.5 pts / match) et son influence sur le jeu ne le prédestinaient pas à une carrière outre-atlantique. Et pourtant, Pape fut drafté par les Hawks d’Atlanta au second tour de la draft et évolue aujourd’hui dans la capitale de l’Etat de Géorgie. Son salaire ? Le SMIC de la NBA : 473.000 $ / an. En Pro A, Pape n’aurait jamais pu prétendre toucher une telle somme. Cette saison, Michael Gelabale, qui est un joueur français reconnu, international, est le basketteur le mieux payé de toute la division avec ses 300.000 € annuels (soit environ 432.000 $). Pape Sy n’aurait pas forcément eu l’opportunité de rejoindre une équipe européenne de renom. L’opportunité de jouer en NBA tout en multipliant son salaire par 6 ou 7 ne pouvait pas se refuser. D’ailleurs, des 12 joueurs français présents en NBA, Pape Sy est le moins bien payé.

La NBA ? La crème des crèmes du basket

Au-delà des aspects financiers, il faut aussi avouer qu’un joueur de basket qui aime la compétition ne peut pas refuser de jouer dans la ligue où le niveau de jeu est le plus élevé au monde. C’est en NBA que sont les meilleurs joueurs de la planète. C’est en NBA que jouent les meilleures équipes du globe. C’est donc en NBA que tout joueur souhaitant se mesurer aux meilleurs doit jouer.

*crédit photo : Alexis Réau – PB 86

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