Homosexualité + sport pro collectif = jackpot marketing ?

john-amaechiLa question peut paraître déplacée tant le sujet est sensible, même aujourd’hui. Mais elle mérite d’être posée d’un pur point de vue d’image, de notoriété et de gros sous. En effet, le mois dernier, John Amaechi, ancien joueur NBA entre les années 1995 et 2003, qui a aussi fréquenté les parquets de LNB durant deux saisons, a annoncé son homosexualité avant la parution de son livre intitulé « A man in the middle », son histoire de joueur gay dans le monde de la NBA.

Suite à cette annonce, de nombreuses réactions ont été enregistrées, la plupart du temps pour soutenir l’ancien joueur et pour lui apporter soutien, confiance et reconnaissance. Mais dans ce lot de bons sentiments, on a aussi eu droit à un fruit pourri ; à une remarque quelque peu déplacée et idiote si l’on veut rester poli par rapport au joueur qui l’a faite. Tim Hardaway, ancienne star des Golden State Warriors et du Miami Heat, a en effet déclaré : « Je déteste les gays. Et je n’aime pas être entouré de gays. Je suis homophobe. Cela (l’homosexualité) ne devrait être dans ce monde, ou aux Etats-Unis (…). Et ensuite, s’il avait été dans mon équipe, j’aurais vraiment pris mes distances, parce que je pense que ce n’est pas normal. Et je ne pense pas qu’il devrait partager notre vestiaire ». Des mots qui peuvent sembler très étonnants de la part d’un joueur afro-américain. On sait en effet, que de tels propos étaient tenus en un autre temps par des joueurs de basket blancs qui s’offusquaient de partager la balle et le terrain avec des joueurs de couleur. Il aura fallu tout le courage et le talent d’une poignée de joueurs blacks pour changer les choses. Un symbole pour tout un peuple. Aujourd’hui, Amaechi reprend ce flambeau. Celui de représenter une minorité « opprimée » et rejetée d’un certain milieu, celui du sport professionnel collectif. Et à la manière d’un Martin Luther King, adepte du langage et de la non violence, la basketteur anglais (pays de naissance de Amaechi) se félicite de l’intervention malheureuse de Hardamay. S’il accuse et déplore le fond des propos de l’ancien dream teamer, Amaechi est par contre très heureux de la franchise dont à fait preuve son ancien collègue. Une franchise qui en dit long sur les pensées de nombreux autres basketteurs actuels ou retraités.

Loin de toutes ces considérations de tolérance ou d’éthique, le propriétaire préféré de tous les internautes fans de NBA, le businessman texans, j’ai nommé Mister Cuban (Dallas Mavericks), s’est lui penché sur le côté marketing du problème. Et pour lui, pas de doute. La combinaison sport pro collectif et homosexualité représente le meilleur cocktail de communication possible : le jackpot garanti. « Si vous êtes joueur et homosexuel, et que vous voulez être extraordinairement riche, vous devriez le dire, parce que ce serait la meilleure chose qui puisse vous arriver sur le plan du marketing et du parrainage. Vous deviendrez le héros parfait pour beaucoup plus d’Américains que vous ne pouviez l’être en tant qu’athlète. Et cela vous apportera beaucoup d’argent ». Si le discours transpire l’opportunisme malsain et l’arrivisme affiché, il n’en manque pas pour autant d’intérêt. Et si en plus de ça, ces déclarations étaient cousues de vérités ? L’homme est loin d’être bête surtout quand de l’argent est en jeu et il maîtrise mieux que quiconque les subtilités de la communication parallèle, celle qui n’inonde pas nos intermèdes publicitaires durant nos soirées télévisées mais bien plus celles qu’on se transmet de main à main, de mail à mail, de bouche à oreille. Et s’il avait raison le Cuban ? Et si un joueur de basket NBA en activité se déclarait homosexuel ? Qui peut dire si ce joueur ne deviendrait pas pour de nombreuses personnes, un symbole, un modèle, un identifiant ? Et par la même occasion, un leader de pensées, un référent donc un très bon client pour les annonceurs en mal de proximité avec une certaine communauté ? Non le proprio des derniers finalistes NBA est bien trop intelligent pour se tromper. Regardez l’engouement suscité par Adam Morrisson, ce jeune blanc-bec, moustache pré puberte sous le nez et physique de grunjy squelettique, joueur des Charlotte Bobcats, est le chouchou de toute l’Amérique blanche qui retrouve en lui le fiston du coin, du voisin, du plouc de la ferme qui fait le coin de la rue. Alors pourquoi pas un gay ?

Il ne nous reste plus qu’à attendre pour voir s’il y a bien de l’homosexualité dans le sport collectif et si un joueur est capable de le dire et d’assumer tout ce que cela va engendrer. Reste à savoir aussi, si un joueur NBA en activité fait son coming out, Mark Cuban cherchera-t-il à le transférer illico-presto dans sa franchise pour profiter des retombées ? On le voit, si au départ, nous sommes confrontés ici à une vraie question de société, on arrive très vite à la dévier sur une question d’argent. Car l’argent, comme l’expression le dit, n’a pas d’odeur, mais pas plus de couleur, de sexe ou de préférence sexuelle… En clair, le business land du marketing serait le paradis perdu de la tolérance universelle.

Ad Vitam Basketball

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