Affluences en hausse en Pro A et en Pro B basket

Fin janvier, la Ligue Nationale de Basket a annoncé, via un communiqué de presse, que la fréquentation dans les salles de Pro A et de Pro B était en hausse à mi-saison. En effet, avec 747 558 spectateurs cumulés (494 802 en Pro A et 252 756 en Pro B), les salles de basket professionnel masculin ont accueilli plus de 8% de spectateurs supplémentaires en Pro A comme en Pro B en comparaison à la saison précédente. En moyenne, la Pro A passe de 2 987 à 3 234 spectateurs et la Pro B, de 1 528 à 1 652. Ceci récompense le travail effectué par les clubs mais aussi par la LNB et démontre l’intérêt grandissant suscité par notre sport.

Pour consulter le bilan diffusé par la ligue, cliquez sur le document ci-dessous :

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Mais, il convient de voir un peu plus dans le détail ces chiffres bruts et d’en analyser la teneur réelle. C’est pour cette raison que je me suis amusé à les décortiquer pour vous en faire ressortir les vraies tendances. J’ai choisi tout d’abord d’analyser les chiffres par championnat (Pro A et Pro B donc) mais aussi par club déjà présent au niveau étudié la saison précédente et par nouveaux venus ou partants (promus ou rétrogradés). Et vous allez le voir, le bilan n’est plus tout à fait le même…

A tout seigneur tout honneur, commençons donc par inspecter notre bonne vieille Pro A.

L’élite française est passée de 2 987 à 3 234 spectateurs par match soit +247 personnes par rencontre.

Les clubs déjà présents en 2005-2006.

Sur les clubs présents la saison passée, 9 ont vu leur moyenne de spectateurs augmenter alors que 7 ont accusé une baisse de leur fréquentation.

Les 9 clubs en hausse ont attiré 2441 spectateurs en plus par rencontre, soit 271 nouveaux fans par club et par rencontre en moyenne. On peut d’ailleurs distinguer les bons élèves que sont l’ASVEL (+657 spectateurs par match) et Roanne (+596 spectateurs par match).

De leur côté, les 7 clubs en baisse ont vu fuir 1269 spectateurs par rencontre, soit 181 désertions par club et par rencontre en moyenne. Là aussi, on peut distinguer les bonnets d’âne que sont Pau-Orthez (-441 spectateurs par match) et Le Mans (-329 spectateurs par match).

Ce qui nous fait une augmentation de 1172 spectateurs par match pour ces 16 équipes, soit un petit +74 fans par club et par match en moyenne bien maigrelet comparé au +247 présenté plus haut.

Les promus et les rétrogradés.

L’an dernier, Brest et Rouen cumulaient 3139 spectateurs par rencontre, soit environ 1570 personnes par match et par club.

Cette saison, les promus que sont Orléans et Besançon cumulent 6406 spectateurs par rencontre, soit 3203 personnes par match et par club.

Le différentiel entre les rétrogradés et les promus est donc de +3266 spectateurs cumulés par rencontre, soit +1633 personnes par match et par club.

Conclusion.

Pas de doute possible, si la Pro A connaît aujourd’hui une belle hausse de fréquentation dans ses salles, elle le doit en grande partie à ses promus et surtout à l’équipe orléanaise qui affiche fièrement une moyenne de 3409 spectateurs par match, bien plus qu’aux équipes déjà en place la saison passée. La Pro A profite aussi de l’arrivée de 2 clubs pouvant disposer de salles plus grandes que celles de Rouen et de Brest l’an dernier. Orléans réussit en effet à attirer 5000 personnes lors de grandes occasions durant lesquelles le club déménage au Zénith.

Petit coup d’œil maintenant sur la Pro B.

Le second niveau basket français est passé de 1 528 à 1 652 spectateurs par match soit +124 personnes par rencontre.

Les clubs déjà présents en 2005-2006.

Sur les clubs présents la saison passée, 9 ont vu leur moyenne de spectateurs augmenter alors que 5 ont accusé une baisse de leur fréquentation.

Les 9 clubs en hausse ont attiré 1971 spectateurs en plus par rencontre, soit 219 nouveaux fans par club et par rencontre en moyenne. On peut d’ailleurs distinguer les bons élèves que sont Vichy (+429 spectateurs par match) et Nantes (+382 spectateurs par match), Antibes (+343 spectateurs par match) et Levallois (+328 spectateurs par match).

De leur côté, les 5 clubs en baisse ont vu fuir 655 spectateurs par rencontre, soit 131 désertions par club et par rencontre en moyenne. Là aussi, on peut distinguer les bonnets d’âne que sont Angers (-434 spectateurs par match) et Saint Etienne (-108 spectateurs par match).

Ce qui nous fait une augmentation de 1316 spectateurs par match pour ces 14 équipes, soit un petit +94 fans par club et par match en moyenne, légèrement inférieur au +124 présenté plus haut.

Malgré tout, on peut d’emblée remarquer que les clubs déjà présents en Pro B l’an passé semble « mieux travailler » que les clubs déjà présents en Pro A en 2005-2006. Ils attirent en effet 20 personnes en plus par rencontre et par club comparé à leur homologues de l’élite.

Les promus et les rétrogradés.

L’an dernier, Orléans, Besançon, Charleville et Golbey-Epinal cumulaient 6782 spectateurs par rencontre, soit environ 1696 personnes par match et par club.

Cette saison, les nouveaux arrivants que sont Limoges, Poitiers (promus de N1), Brest et Rouen (rétrogradés de Pro A) cumulent 7711 spectateurs par rencontre, soit environ 1928 personnes par match et par club.

Le différentiel entre les partants et les arrivants est donc de +929 spectateurs cumulés par rencontre, soit environ +233 personnes par match et par club.

Conclusion.

Comme pour la Pro A, la Pro B profite de l’influence positive de ses nouveaux arrivants et plus particulièrement du retour au haut niveau d’une légende du basket français, le club de Limoges attirant à lui seul une moyenne de 3175 spectateurs par match ce qui représente la meilleure affluence de Pro B sur les deux derniers exercices.

Intéressons nous maintenant aux effets que provoque une relégation de Pro A en Pro B et ceux qu’engendre une accession de Pro B en Pro A sur les moyennes de spectateurs.

Rétrogradation de Pro A en Pro B.

En passant de Pro A en Pro B, Brest a perdu 222 spectateurs par match et Rouen 168. Ce qui donne un cumulé de -390 personnes par match soit -195 fans par match et par club.

Pour ces clubs, la rétrogradation leur aura coûté une baisse de 12,5% de leurs moyennes de spectateurs (-11% pour Brest et -14% pour Rouen).

Accession de Pro B en Pro A.

En passant de Pro B en Pro A, Besançon a gagné 547 spectateurs par match et Orléans 871. Ce qui donne un cumulé de +1418 personnes par match soit +709 fans par match et par club.

Pour ces clubs, l’accession en Pro A aura apporté une hausse de 28,4% de leurs moyennes de spectateurs (+22,3% pour Besançon et +34,3% pour Orléans).

Conclusion générale.

L’augmentation de la fréquentation des salles de Pro A et de Pro B est à souligner et tout le basket français peut s’en réjouir. Mais il faut malgré tout noter que cette hausse est plus le fruit du boom constaté chez les promus de Pro A, qui n’est que peu affecté par la légère baisse des rétrogradés en Pro B, que le résultat du travail des clubs déjà en place la saison précédente (même si ceux-ci connaissent eux aussi une augmentation mais toute légère). Il convient aussi de remarquer que les deux clubs promus de NM1 en Pro B cette saison (Limoges et Poitiers) apportent un total de +3168 spectateurs par rencontre, soit +1584 fans par club et par match comparé aux moyennes des deux clubs rétrogradés de Pro B en NM1 et qui ne rentrent donc plus dans le décompte final.

Et vous, que pensez-vous de ces chiffres et de cette hausse moyenne des affluences en LNB ?

Ad Vitam Basketball

2 réflexions sur “Affluences en hausse en Pro A et en Pro B basket

  1. Constat positif en effet, toutefois en terme d’affluence, à mon sens deux grands éléments structurels influent sur les résultats :

    – taille des clubs / de la ville
    tu l’as dit avec justesse, le retour du CSP en proB, cela a clairement boosté les stats de la division. De même que l’absence de clubs de basket au niveau pro à Bordeaux, Toulouse (depuis la disparition des spacers), Marseille ou Nice / Antibe (il y avait Monaco avant mais ça date un peu) plombent sur le résultat.

    – la taille et le confort de la salle
    le confort et la taille de la salle c’est primordial pour donner envie au public de venir. Pour moi la plus belle salle de basket française que j’ai vu est la Halle coubertin de Montpellier (pourtant je suis allé voir des matchs à Pau…). 2 500 places avec une superbe visibilité très proche du terrain. A comparer aux salles indignes du niveau pro dans lesquelles évoluaient certains clubs ( par exemple la salle léo Lagrange de Toulouse, vraiment pas confortable)

    Or comme les deux sont liés (souvent les grandes villes ont de belles salles et du public potentiel), ceci explique pourquoi la fédération voit toujours d’un très bon oeil l’arrivée au sommet de grandes villes, même si la culture basket reste à développer dans ces endroits.

  2. C’est ce qui s’appelle prendre le problème complètement à l’envers : développer ex nihilo une culture basket là où il y a déjà de l’argent plutôt que de rajouter de l’argent là où il existe déjà une culture basket très solidement implantée. Ce genre de raisonnement, qui fait froid dans le dos, a hélas des partisans au sommet de la LNB.

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