Conflit entre les fédérations et les clubs autour de la H Cup de rugby

Un conflit dans le sport professionnel entre les fédérations et les clubs ? Il n’y a là rien de bien nouveau. L’UEFA et le G14 en football sont souvent aux prises concernant l’organisation des compétitions européennes et la répartition des richesses. En basket, le problème entre l’ULEB et la FIBA Europe est même allé plus loin que le simple conflit. L’Euroleague est en effet organisée aujourd’hui par l’ULEB, structure indépendante des fédérations nationales et internationales. Le rugby, sport pro plus jeune que ces deux ainés entre donc aussi dans la danse de ces querelles sympathiques. Mais le fond est là bien différent de ce qu’il peut être du côté du ballon rond et de la balle orange.

La Ligue Nationale de Rugby française vient d’annoncer la décision unanime de clubs tricolores de ne pas participer à la prochaine H Cup. La point de discorde se trouve néanmoins plus du côté anglais qu’entre la Fédération française et ses clubs. En effet, selon un accord signé en 1999, il a été fixé que seules les fédérations étaient actionnaires de l’European Rugby Cup, société de droit privé organisatrice de l’évènement. Sous entendu, seules les fédérations sont habilitées à décider des répartitions des recettes et des droits tv liés à la H Cup. Cette coupe européenne connaissant un succès de plus en plus grandissant, les clubs (anglais et français surtout) auraient vivement souhaité que tout ceci soit quelque peu renégocié à leur avantage. La position des clubs français et anglais est un peu particulière dans l’ERC car ils sont les seuls à ne pas dépendre de leur fédération mais bien d’une ligue professionnelle, ce qui n’est pas le cas des clubs gallois, irlandais, écossais ou italiens.

La Fédération Française de Rugby a donc accepté de céder 48% de ses parts à la Ligue Nationale de Rugby. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de la fédération anglaise qui entretient des rapports assez houleux avec ses clubs pros de rugby. Mais si le problème paraît simple à première vue, on peut facilement imaginer que la fédération anglaise souhaite garder un pouvoir sur cette compétition, il est en fait bien plus compliqué et profond.

Le calendrier des compétitions de rugby est tellement chargé qu’il n’est pas rare de voir des journées de championnats nationaux être programmées en même temps que certains matchs des équipes nationales. Les coupes d’Europe sont en plus venues alourdir ce tableau. Les meilleurs joueurs ne peuvent dons pas être partout à la fois. C’est sur ce point que le bras de fer s’engage sous la table. Séduits par le modèle de l’hémisphère sud, certains présidents des fédés européennes aimeraient bien l’adapter à l’hémisphère nord. Le principe au sud est simple. Ce sont les fédérations qui sont seules décisionnaires. Elles gèrent les calendriers et sont employeurs de leurs internationaux qui partagent leur temps entre le championnat national (4 mois) le Super 14 (4 mois) et les matchs de leur équipe nationale (les 4 mois restants). La Fédération Internationale est, elle, favorable à ce schéma. Son président, Syd Millar aimerait bien le généraliser à la planète et même organiser tous les deux ans un tournoi international des sélections qui suppléerait les traditionnels test-matchs. Face à ce modèle, il ne resterait plus de place pour les championnats professionnels tels qu’ils sont organisés aujourd’hui en France et en Angleterre, championnats qui sont pourtant les employeurs de nombreux internationaux de toutes nationalités.

On le voit, le mal est important et les enjeux de taille. Le rugby sera-t-il le seul sport pro d’envergure géré par les fédérations et dans lequel seules les équipes nationales auront une réelle importance ? La réponse ne devrait pas tarder à venir même si les clubs français et anglais doivent contractuellement participer à la H Cup jusqu’en 2009 et que France 2, diffuseur français de la compétition commence à grincer des dents et menaces de ne pas honorer ses engagements si les clubs français se désistent. L’intérêt général des gros sous devrait primer et un accord devrait intervenir sous peu, l’ERC ne voulant certainement pas se priver des droits TV français. Parfois on devrait dire merci à l’argent dans le sport…

Ad Vitam Basketball

Sources: l’Humanité.fr, lefigaro.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s