« Marseille mérite un grand club »

marseille.jpgL’expression est bien connue et de nombreuses fois entendues depuis bientôt 10 ans. Marseille, cette capitale du Sud, deuxième ou troisième ville française, est bizarrement peu « sportive ». Mis à part l’OM et un temps le club de Hand de Jackson Richardson, aucune autre équipe de sport collectif de haut niveau n’arrive à percer. La cité phocéenne, qui propose tout de même un superbe potentiel, en devient d’autant plus une cible pour tous les sports professionnels en manque de médiatisation ou en recherche de développement.

C’est ainsi que nous, amoureux du basket, nous avons longtemps caressé le doux espoir de voir notre ancien sélectionneur Alain Weiz, porter un projet de club de basket marseillais, soutenu par la LNB et par tout le basket français. Il en a été question, je me souviens encore des articles dans BasketNews ou BasketHebdo lançant le débat de savoir si ce club devrait intégrer directement notre Pro A ou bien faire ses preuves en Pro B. Se posait aussi, dans le texte, le problème de l’arrivée directe en Pro B d’un club construit sur rien et n’ayant aucun droit sportif pour évoluer à ce niveau. On eut d’ailleurs l’occassion de voir certains présidents de clubs s’opposer farouchement à une telle opération. Vinrent aussi les bruits de couloirs sous entendant que le projet serait appuyer par les dirigeants de l’OM, désireux de créer un grand club omnisports à la sauce espagnol, sur le model des Real et Barça. Tout le monde (ou presque) s’accordait à penser que cette perspective représentait une vraie opportunité pour notre sport, un évènement capable de faire sortir la balle orange de son anonymat relatif. On a un peu tout entendu, tout écrit, tout rêver sur le sujet. Et au bout du compte ? Et bien toujours rien ! Marseille n’a toujours que l’OM qui n’est encore qu’un club de football. Et on n’entend plus parler d’un grand club du côté de la cannebière.

Encore que ! Je vais un peu vite en besogne.

Oui, car aujourd’hui, le rugby risque bien de faire le holdup du siècle. Lisez plutôt cet article paru dans l’Humanité du 11 décembre 2006. Il y a comme un petit air de déjà vu et de déjà entendu, mais on craint que le ballon ovale réussisse à transformer l’essai là même où, il y a presque 10 ans, le basket avait rêvé tout fort sans rien engager de concret:

[La cité phocéenne veut un grand club en Top 14. Claude Atcher, directeur du tournoi de la Coupe du monde 2007, lui donne un coup de main.

Marseille a un passé riche de cent ans de rugby. Mais c’est un avenir ovale que la deuxième ville de France se cherche aujourd’hui, même si elle accueillera six rencontres de la Coupe du monde, au vélodrome. Mais côté club, aucun pendant à l’OM du foot. Depuis cet été, Marseille-Provence XV s’est donc pris en main. Accompagné de l’ancien international Didier Codorniou et de Claude Atcher, directeur du tournoi du Mondial 2007, le club essaie de fédérer les investisseurs locaux afin de le faire passer de Fédérale 1 (troisième division) au Top 14, en trois ans.

Pourquoi vous engagez-vous derrière Marseille-Provence ?

Claude Atcher. Parce que Marseille mérite un grand club. Je viens défricher cette ville qui mérite plus que ce qu’elle a aujourd’hui. J’apporte mon expérience, mon relationnel et mon analyse sur les moyens à mettre. Mais je ne m’engage pas seulement pour développer un club professionnel. Je souhaite surtout que cette équipe soit impliquée citoyennement, qu’elle soit en lien avec les jeunes des quartiers de Marseille. J’aimerais qu’elle soit composée de joueurs qui représentent les différentes cultures méditerranéennes qui composent Marseille. Nos joueurs actuels sont pour certains originaires de l’Algérie, du Maroc ou de Tunisie.

Le club a-t-il un calendrier concernant sa montée en élite ?

Claude Atcher. Notre équipe est jeune : vingt-trois ans de moyenne d’âge. Nous avons connu un début de saison difficile en Fédérale 1 (troisième division), avec six défaites en six journées. Mais, nous avons gagné les deux matchs suivants. L’objectif pour cette saison est le maintien en Fédérale 1. En parallèle, nous voulons une base plus solide en développant la formation, notamment celle des joueurs provenant des quartiers alentours.

Quel est le budget de votre projet ?

Claude Atcher. La Fédérale 1 nécessite déjà un budget aux alentours de 650 000 euros. Pour suivre nos ambitions, il faudra de nouveaux moyens. Des entreprises locales sont prêtes à nous aider. Pour investir plus, nous adaptons aussi les statuts du club, en devenant une société anonyme à objet sportif (SAOS). Il y a un vrai potentiel sur le terrain, il faut maintenant le développer.]

Et l’on craint une fois de plus que le basket se fasse damné le pion par le gargantuesque rugby concernant la question marseillaise. Si le projet dont traite cet article se concrétise d’ici 3 ans et si Marseille intègre un équipe au Top 14 de la Ligue Nationale de Rugby, le basket français pourra se mordre très fort les doigts de ne pas avoir pousser plus loin la réflexion et d’être rentré dans une guéguerre d’intérêts plutôt que de penser à la perspective future de voir la ville de Marseille accueillir une équipe de basket de haut niveau. Les dirigeants des clubs de rugby et ceux de la LNR, beaucoup plus unis et disposer à construire à long terme que ne le sont les dirigeants du basket et des clubs français, ne laisseront certainement pas passer cette chance d’imposer encore un peu plus le rugby comme le second sport le plus important en France derrière le football…

Ad Vitam Basketball

Source: l’humanité.fr

4 réflexions sur “« Marseille mérite un grand club »

  1. C’est une question un peu naïve mais si les sports autres que le football ne « percent pas » à Marseille, ne serait-ce pas pour des raisons politiques, à savoir une aide conséquente de la ville à leur développement ?
    Il me semble que la Ville joue de la vampirisation du football sur les autres sports car l’OM est devenue une vitrine… et peut-être la seule.

    L’équipe de Volley est quand même en proB et il me semble que les champions du monde de pétanque sont marseillais… mais c’est vrai que ça ne pèse pas lourd.

    Il serait d’ailleurs intéressant de faire une étude sociologique sur la place du football dans le cœur et l’esprit de la population marseillaise pour savoir si d’autres sports auraient éventuellement la chance d’être mis un peu plus en valeur.

    A bientôt sur la toile !

  2. Il est certain que le contexte politique doit avoir son importance sur la question. Et je suis aussi persuader que les marseillais ne vivent que pour le football. Mais là n’est pas la question. Je remarque simplement que le rugby se pose une question que le basket s’est posé il y a 10 ans. Et il serait vraiment dommage pour le basket que le rugby réussisse sur un dossier aussi important, là même où le basket a échoué et aurait pu se distinguer.

    Le rugby rencontrera peut-être des problèmes, je n’en sais rien. Mais on sait par expérience que les dirigeants du rugby français savent mettre toutes les chances de leur côté quand le sujet en question est susceptible de profiter à leur sport. Et justement, ce sujet est on ne peut plus capital ! Donc attendons et voyons ce qui va se passer.

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