Vous souvenez-vous-en ? En octobre dernier, Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et leurs coéquipiers des San Antonio Spurs avaient passé une semaine entière en France à Lyon pour y effectuer une partie de leur training camp et pour se préparer en affrontant l’Adecco ASVEL à Lyon à l’Astroballe et le Maccabi Tel Aviv à Paris Bercy. Un vrai honneur pour notre championnat et notre pays et une récompense pour les dirigeants villeurbannais. En parallèle au séjour français des Spurs, d’autres franchises NBA avaient eu le loisir de visiter l’Europe et de se préparer en Espagne (Barcelone), en Italie (Trévise), en Russie (Moscou) pour se retrouver en Allemagne, à Cologne pour terminer en feu d’artifice, dans une salle aussi belle que ce que veulent et demandent les ricains chez eux. Tout ça, c’était en 2006. La France était gâtée, fière d’accueillir un tel évènement. Elle pouvait surtout s’estimer chanceuse car même si le travail effectué par les dirigeants villeurbannais a montré à cette occasion qu’il payait, faire venir une équipe comme celle de Tony Parker dans une salle de 5600 places pour y organiser un match est proche du ridicule. Et puis si ce n’était pas l’ASVEL, quel autre club aurait pu soutenir un tel projet ? Quel club est assez structuré et assez ouvert pour investir sur un tel projet, très gourmant d’un strict point de vue financier ? Aucun. Si nous avons eu le NBA Europe Live Tour la saison passée, c’est essentiellement grâce à l’image de notre pays dans le monde, à son côté glamour, à l’effet Paris et au travail non dénué d’intérêt du club de l’agglomération lyonnaise. Car pour le reste, la NBA n’est pas venue pour nos magnifiques, modernes, spacieuses et luxueuses salles ni pour notre capacité reconnu à organiser de gros et grands shows. Non, Bercy étant déjà, pour ces exigeants hôtes, proche de la préhistoire du divertissement sportif, une salle juste bonne à organiser des matchs universitaires et encore pas de haut niveau.
Conséquence de tout ça ? Et bien, pour la seconde édition de cette foire de la NBA sur le vieux continent, pas d’étape française au programme. Les villes sélectionnées pour les training-camps étant Rome, Malaga, Istanbul et Trévise. Deux autres villes se retrouveront au programme pour les oppositions, à savoir Madrid mais aussi Londres où une salle multifonctions à la sauce ricaine vient d’être construite : la O2 arena. L’Angleterre qui n’est pas une terre de basket, loin de là, arrive à attirer la grande ligue chez elle sur la seule foi d’une luxueuse salle. Comme quoi, aux yeux des dirigeants de la NBA, la France n’a pas, aujourd’hui, plus d’atouts ou d’attraits que l’île de nos amis britanniques quant à la promotion du basketball américain. Comprenez que si l’hexagone est bien plus éduqué et évolué par rapport à la tradition de la balle orange, il n’en est encore qu’à la préhistoire au niveau des infrastructures, là où les anglais sont eux déjà aptes à abriter des shows dignes de ce nom et à proposer aux spectateurs, un niveau d’accueil et de satisfaction optimal. Il ne faut surtout pas s’y tromper. Nous avons paradé l’année passée mais cette saison nous serons bredouilles alors que nos voisins transalpins et hispaniques joueront encore cette saison à la baballe avec les grandes stars US. Mais bon comment lutter ? Malaga : 10000 places ! Madrid : je ne sais plus mais on doit pouvoir rentrer 12000 fans sans soucis. Trévise et Rome : allez voir vous-même ! Mais pensez à prévoir vos mouchoirs car le choc risque d’être important.
Alors question : sommes-nous une nation qui compte dans le basket européen des clubs et des ligues ? Travaillons-nous dans le bon sens ? Avons-nous de saines ambitions et surtout sont-elles dirigées vers des réalités de développement à long terme ?
Ad Vitam Basketball
Le dernier Super Bowl de la National Football League qui se déroulait à Miami début février 2007 a vu la victoire sportive des Indiana Colts. Mais les enjeux de ce spectacle monumental, meilleure audience télé de l’année sur le sol américain, n’étaient pas essentiellement sur la pelouse naturelle du stade des Dolphins. Non. Car à côté de ce folklore très américain, qui draine les sommes publicitaires les plus importantes du sport US, se jouait aussi un match environnemental moins médiatique mais tout aussi crucial.
De jeudi à dimanche dernier, la 5ème édition de la Semaine des As de la Ligue Nationale de Basket se tenait à Nancy. Ce rendez-vous de mi-saison réunit les 8 meilleurs clubs du début de championnat de France de Pro A. Dans l’antre du SLUC Nancy Lorraine, vice champion de France 2006 et actuel leader du classement, c’est le petit poucet roannais, co-leader surprise à mi-saison, qui a créé la surprise. 14ème budget de Pro A, la Chorale de Roanne profite de ce tournoi pour valider une première partie de saison qui dépasse déjà tous les rêves des dirigeants. Avec un trophée en poche, la saison des hommes de Jean-Denis Choulet est déjà une réussite d’autant plus que la victoire acquise à cette Semaine des As 2007 ouvre les portes d’une coupe d’Europe (la FIBA Cup) à ce club qui déjoue pronostic sur pronostic. En finale, les roannais se seront débarrassés des manceaux, champions de France en titre et derniers vainqueurs de la Semaine des As. Rien de très facile donc. Ce résultat prouve une fois de plus la densité et la compétitivité de notre Pro A. D’un point de vue sportif, l’édition nancéenne est donc une vraie réussite d’autant plus que la LNB bat son record d’affluence sur ces 4 jours en ayant accueilli plus de 21000 personnes à Gentilly. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour faire de cette folle semaine un vrai évènement médiatique : record de spectateurs, victoire du petit poucet contre la grosse cylindrée, spectacle… Oui tout était bien là.
Sport et citoyenneté, ça existe et c’est même plutôt sympa. L’Elan Chalon, club de basket de pro A vient de participer à un court métrage de Philippe De Chauveron traitant du problème du respect et des incivilités. Le titre, “Respecte le bus” parle de lui même. On ne peut que saluer cette initiative qui démontre encore une fois le rôle que peut et que doit jouer un club de sport professionnel auprès de la population et notamment auprès des plus jeunes. Mais au-delà de tous ces beaux sentiments, le court métrage vaut aussi le détour pour un scénario plein d’humour et les prestations hilarantes des “ricains” du club. Je vous laisse juger par vous même.