Archive pour la catégorie 'Pro A'

L’Elan Béarnais doit-il se délocaliser ?

pierre-seillantElan Béarnais Pau Orthez. Un monument du basket français. 9 titres de champion de France. 3 Coupes de France. 3 Trophées des As. 1 Semaine des As. 1 Coupe Korac. Le club du sud ouest est la place forte du basket français depuis le déclin de Limoges dans le milieu des années 90. Sur les 10 dernières saisons de Pro A, Pau a empoché 5 titres. Une vraie hégémonie. Le club du directeur exécutif et ancien président Pierre Seillant, est aussi présent au plus haut niveau européen depuis 1996 sans interruption. Un vrai tour de force sur lequel la structure a voulu insister. En effet, la devise de cette place force du basket hexagonal en dit long sur les motivations et la philosophie locales : « le plus dure, c’est de durer ».

Un déménagement salutaire.

Ce succès, l’équipe béarnaise l’a construit sur le parquet mais pas seulement. Au départ, on ne parlait pas de Pau Orthez mais seulement d’Orthez. Petite bourgade des Pyrénées où l’on pouvait déjà croiser de sacrés basketteurs. Un club et une salle mythique : la Moutète. Petite, chaude, légendaire. Un lieu qui sentait le basket. Mais au début des années 90, les orthéziens se sentent légèrement à l’étroit à la Moutète et ne voient pas l’avenir aussi rose qu’ils le souhaiteraient dans leur village. Bien vite une solution est trouvée. Le club migrera vers le tout proche voisin palois avec en prime la construction d’une nouvelle salle, un Palais des Sports de 7707 places. Le déménagement se fait non sans quelques larmes mais celles-ci sont vite séchées. En effet, les dirigeants béarnais ont eu un temps d’avance sur leurs homologues français. Doté d’une telle salle, d’un tel écrin, le nouvel Elan Béarnais Pau Orthez va s’installer durablement tout en haut des classements et finir par écraser la concurrence. Ce déménagement aussi douloureux soit-il aura été le facteur déclenchant de la domination paloise. Aucune équipe de basket française n’est capable de rivaliser avec les infrastructures que propose Pierre Seillant à ses joueurs, spectateurs et sponsors. Et naturellement, la petite ville du sud ouest s’impose comme le budget le plus solide de Pro A. Et il en sera ainsi durant 15 bonnes années, jusqu’à aujourd’hui.

L’ascension se termine, place à la descente.

Car aujourd’hui, si le club palois est toujours le plus fort financièrement, il a atteint son apogée au début des années 2000 et sent maintenant que la pente s’inverse, que le déclin s’amorce doucement mais surement. Comme tout produit, l’Elan a sa courbe de vie, une parabole. Bien que toujours attractif pour les joueurs et les sponsors, l’Elan Béarnais Pau Orthez n’a plus gagné le championnat de France de basket depuis 2004. Pire, il n’a pas participé aux play-offs cette saison. Pau absent de la post saison, des 8 meilleures formations françaises ? Une fausse vilaine blague qui n’est pas plus qu’une dure réalité. Le club du direx Seillant n’est plus ce qu’il était de l’aveu même de son emblématique dirigeant. Ce dernier avoue qu’il va certainement falloir en passer par des années de vaches maigres pour relancer la machine, qu’il est impossible de se maintenir tout en haut de l’échelle éternellement. Il en a conscience, une époque s’est terminée, une page s’est tournée. Les avantages conquis sur les adversaires grâce au Palais des Sports ne suffisent plus. Pau a atteint ses limites, son « seuil de compétence ». L’ancien assureur des AGF le sait. Il va falloir changer les choses s’il ne veut pas voir son club s’enliser dans le ventre mou du basket français. Il sait que pour continuer à grandir, à progresser, pour s’ériger face aux autres clubs, il va falloir de nouveau avoir un coup d’avance, comme il y a 15 ans.

Le basket français à un tournant.

Car la France du basket est en train de connaître une mutation. René Le Goff, Président de Ligue Nationale de Basket avait souhaité faire un petit inventaire du monde de la balle orange en commandant un livre blanc du basket français. Les conclusions de cette étude ont été sans discussion possible : les clubs français ne sont et ne peuvent pas être compétitifs face à leurs homologues européens ou face aux autres sports collectifs sur son propre sol. Des solutions ont donc été préconisées et un projet de Superligue est sorti de terre pour justifier les futurs changements à venir. Une Superligue basée tout autant sur le mérite sportif que sur des données structurelles et économiques a alors été dessinée : capacité de salle minimum, budget minimum, répartition des ressources… Entre les lignes, le projet est clair. Il va falloir grossir ; exploiter au maximum les capacités des clubs. Il va falloir se mettre au niveau des voisins espagnols, italiens, allemands et même belges. Et ceci ne sera possible qu’avec de nouvelles installations, de nouvelles salles, de nouveaux espaces d’accueil… Il va falloir se diriger vers les grandes zones urbaines. Car c’est bien là le problème du basket français. C’est un sport de village et non de grandes villes comme le football. Sur les 10 plus grandes zones urbaines françaises, on ne compte que 4 équipes de Pro A : Paris (Paris-Levallois), Lyon (ASVEL), Strasbourg (SIG) et Toulon (HTV). Pas de Marseille, pas de Lille, pas de Toulouse, pas de Nice, pas de Bordeaux, pas de Nantes (l’Hermines est en Pro B). Un vrai handicape pour un sport qui veut se développer. Et René Le Goff le sait. Il a récemment accueillit les bras grands ouverts la fusion entre le Paris Basket Racing et le club de Pro B de Levallois. Une fusion qui laisse enfin espérer voir se développer un grand club dans la capitale. Il voit aussi d’un très bon œil les agissements des dirigeants asveliens qui ont pourtant claqué la porte de la LNB. Il se frotte les mains quand il va assister à un match dans le récent Palais des Sports de Toulon. Par contre, quand on lui parle de Cholet, de Chalon, de Dijon, de Roanne ou de Vichy, il respecte mais il ne voit pas les mêmes perspectives. Quand on lui dit Pau, malgré le palmarès, son analyse est la même. Ce n’est pas grâce aux villes moyennes que la balle orange décollera dans notre pays. Et Le Goff n’est pas le seul à le penser…

Retour vers le futur ?

En effet, en coulisse, il se dit que Seillant aurait déjà une petite idée derrière la tête pour redresser la barre de « SON Elan Béarnais ». On sait que le mythique dirigeant palois devrait bientôt tirer sa révérence pour profiter d’une retraite bien méritée. On imagine donc qu’il aura à cœur de léguer un beau projet à ceux qui prendront sa suite. On serait prêt à parier qu’il ne voudra pas voir son bébé mourir sans rien faire, sans rien tenter pour le sauver, pour le faire rebondir. REBONDIR. Comme il y a 15 ans… Les rumeurs disent que la solution a déjà été trouvée et que le prési-direx étudierait la possibilité d’un nouveau déménagement. Pau est aujourd’hui trop petite pour les ambitions de son équipe. Les dirigeants le savent, le bassin de population est trop faible pour espérer résister aux futurs cadors qui se construisent en Pro A dans les grandes villes de Lyon et de Paris. S’ils veulent garder le même niveau de jeu et d’ambitions, les dirigeants vont devoir, une nouvelle fois prendre les choses en main et faire couler quelques larmes. Seillant a Bordeaux dans son viseur. 200 km, c’est éloigné mais la ville et la zone urbaine sont assez grandes pour nourrir le projet palois. Là-bas, il n’y a pas encore de basket de haut niveau même si le club local, la JSA évolue en Nationale 1.

Alors va-t-on revivre le même scénario qu’il y a 15 ans ? L’Elan Béarnais va-t-il déménager vers Bordeaux et faire couler quelques larmes ? Les dirigeants vont-ils une nouvelle fois avoir un coup d’avance sur la concurrence pour recommencer à gagner ? Il faudra en tout cas peser le pour et le contre et trancher. Et c’est encore Pierre Seillant, l’architecte de la première délocalisation qui va devoir s’y coller. « Le plus dur, c’est de durer »…

Ad Vitam Basketball

L’Adecco ASVEL embarqué dans la navette Apollo du sport professionnel européen.

antony-thiodetOù va l’ASVEL ? Telle était la question posée en couverture du Basketnews du 1er mars 2007. En effet, l’annonce d’une vente ou d’une ouverture du capital du groupe Gone&Sports, propriétaire de l’ASVEL mais aussi du Grand Prix de Tennis de Lyon et du Marathon de Lyon a fait jazzer dans le milieu du basket français qui n’est pas toujours un fervent supporter des ambitions affichées par l’équipe dirigeante villeurbannaise. Ici et là, nombreux sont ceux qui ont profité de cette information pour monter au créneau et accuser leurs collègues lyonnais de vouloir, « une fois de plus »,faire du business et de l’argent sur le dos d’un club de sport professionnel sans se soucier du reste.

Alors, les Thiodet et Moretton sont-ils de simples opportunistes ayant flairé le jackpot financier pour s’en mettre plein les poches ou bien ont-ils vraiment l’intention de trouver de nouveaux partenaires afin d’avancer sur la voie qu’ils se sont tracés il y a plus de 5 ans lorsqu’ils ont repris le club ?

Peu importe en fait. Regardons plutôt ce qui risque de bientôt se passer. Intéressons-nous plutôt à ces investisseurs plus ou moins anonymes. Tentons plutôt de comprendre ce qui pourrait les motiver à investir dans un club professionnel qui évolue dans un sport peu médiatisé dans notre pays et qui est loin d’atteindre un niveau de compétitivité à toute épreuve en Europe. On nous parle du groupe américain AEG, constructeur de salles en NBA, de la société LG Events ou encore de l’Olympique Lyonnais ! Mais on parle encore plus du groupe Lagardère, nouveau grand manitou du sport hexagonal qui vient récemment de racheter Sportfive où justement, Gilles Moretton est le directeur. Mais qu’est-ce qui peut donc intéresser tout ce beau monde ?

Et bien pleins de choses en fait. Je m’explique. Antony Thiodet a une certitude : la NBA va débarquer en Europe d’ici 5 ans. Ce n’est pas pour rien si le bonhomme se déplace tous les ans pour le All Star Game ou pour visiter des clubs de la grande ligue US. Il le sait, il faut entretenir des liens avec ce réseau influent si Lyon veut être sur la future carte NBA du Vieux Continent. L’étape asvelienne du premier NBA Europe Live Tour était déjà un pas de géant dans l’atteinte des objectifs du direx lyonnais.

Essar Gabriel, le cauchemar de Thiodet.

Mais… mais cet été un petit souci est venu précipiter quelque peu les plans de nos visionnaires. Le club de basket parisien, le Paris Basket Racing, a été racheté par un certain Gabriel Essar. Pas un fou. Le gusse était sur le front lors de la candidature parisienne à l’organisation des JO 2012. Il gérait le groupe d’investisseurs privés. Il a donc des contacts mais aussi une certaine idée de l’évolution du sport sur notre continent. Une idée qui est proche, même très proche des idées de nos compères de Gones&Sports. Alors, me direz-vous, Moretton et Thiodet ont dû être assez soulagés par cette arrivée dans le basket français. Ils doivent se réjouir d’avoir enfin quelqu’un qui est apte à aller dans le même sens qu’eux ? Et bien oui et non. Oui car ils sont enfin écoutés et compris par un de leurs collègues. Et non car ce collègue-là risque d’être un peu trop envahissant. Il risque d’être gênant. Les responsables villeurbannais le savent. Si la NBA s’installe en France, Paris aura les faveurs de David Stern, le grand patron ricain. Car Paris, c’est Paris. On peut vendre une équipe dans notre capitale rien que sur le nom et la réputation de la ville dans le monde entier. Un atout, un vrai. Une chance que n’a pas Lyon. Pour le moment, les dirigeants villeurbannais ont de l’avance tant le chantier parisien est immense et n’en est encore qu’à ses débuts. Mais si le club lyonnais ne fait rien pour avancer encore plus vite et pour être prêt avant tout le monde tout en étant capable de garder son avantage face à la concurrence parisienne, Thiodet sait très bien qu’il se fera damner le pion par la capitale française et qu’à l’heure de choisir où implanter une franchise NBA en France, les pontes de la National Basketball Association auront vite fait de faire leur choix si le club parisien se porte candidat. C’est pour ça qu’il est grand temps de passer la seconde pour l’ASVEL.

Pas si dur que ça de trouver des partenaires…

Alors c’est simple à dire, de passer la seconde ! Mais est-ce aussi facile que ça à faire ? Car à l’heure actuelle, l’ASVEL se débrouille un peu toute seule avec les moyens du bord. Elle donne le maximum et est bien incapable d’en faire plus et plus vite de surcroît. Il faut donc aller chercher ailleurs de l’aide. Faire venir de nouveaux investisseurs. Pas très simple quand on croise dans le championnat de France de basket qui n’intéresse pas grand monde ! Et bien détrompez-vous. S’il est vrai que la Pro A et le basket en général ne passionnent que peu les français et les médias généralistes voire même sportifs, il aiguise, par contre, la curiosité de nombreux investisseurs. Vous pensez sûrement que je suis totalement fou et vous n’êtes pas si loin de la vérité. Mais sur ce point précis la folie n’a pas lieu d’être. Qu’est-ce qui peut intéresser le groupe Lagardère ? Ou encore, plus curieux, l’Olympique Lyonnais ? Je vais prendre le cas du club de Monsieur Aulas pour expliquer ma pensée.

Aulas au « secours » de l’ASVEL.

L’OL va investir dans l’ASVEL pour une simple et bonne raison : c’est dans son intérêt que l’Adecco ASVEL aille au bout de ses idées. L’ASVEL croit en une chose, l’arrivée de la NBA en Europe et compte bien y participer en devenant la première franchise française. Qui dit NBA dit ligue de sport professionnel fermée. Pas de montée ni de descente. Un vrai gage de sécurité pour les investisseurs et les annonceurs. Le rêve de nombreux dirigeants de clubs de sport européens. Et notamment des dirigeants du très riche et très influent G14. Ce groupe de clubs de football européens qui réunit les plus riches : Manchester United, Milan AC, Real Madrid et… Olympique Lyonnais. On le sait, le G14 n’a qu’une seule idée en tête : ne plus traiter avec l’UEFA pour l’organisation des compétitions de clubs mais créer une compétition fermée réunissant essentiellement les clubs les plus riches d’Europe. Et on sait aussi que cette idée fait couler beaucoup d’ancre et grincer énormément de dents dans le milieu du ballon rond qui voit dans ces velléités la mort du football et de ses valeurs. Et pour le moment, Aulas et ses compagnons de jeu ne font pas encore le poids face à l’opinion public et face à l’UEFA. Malgré leur importance, l’instance dirigeante du football européen se refuse à, ne serait-ce que débattre sur la question. Alors contre fortune bon cœur, Monsieur Aulas a vu tout l’intérêt du projet villeurbannais pour ses propres ambitions. On le sait, le basket a toujours eu un temps d’avance sur ces concurrents européens en termes d’organisation des compétitions. Notre Euroleague est en effet déjà gérée par une instance privée, indépendante de la FIBA Europe. Le clash a eu lieu au début des années 2000 et c’est l’ULEB qui a remporté la victoire face à son concurrent institutionnel. Et aujourd’hui, l’Euroleague, la Champions League du basket, est déjà une ligue semi fermée. Certains clubs y figurent en effet pour 3 ans sans que leurs résultats en championnat national ne viennent influencer leur participation on non à la compétition rêne. Mais ça ne suffit toujours pas à donner du crédit aux espérances des richissimes clubs de football. L’arrivée en Europe de la NBA avec un système de franchises et une ligue de sport totalement fermée serait, par contre, un joli coup de pouce pour nos amis footeux. Si ce système fonctionne, ils pourront ainsi avancer de nouveaux arguments pour faire aboutir leurs idées. L’ASVEL est donc une sorte de laboratoire vivant pour Michel Aulas. Si Thiodet et Moretton réussissent à aller au bout de leur projet, c’est tout le G14 qui pourra en récolter les fruits.

Un investissement en Recherche & Développement.

Voilà, pour résumer, on peut dire que les futures partenaires de l’Adecco ASVEL vont placer leurs billes dans le club villeurbannais comme d’autres entreprises investissent dans leur service R&D. Thiodet se retrouve donc aux commandes de la navette Apollo du sport professionnel européen afin de découvrir et d’explorer de nouvelles contrées encore inconnues en vue d’y implanter, dans le futur, toute une partie de notre humanité sportive professionnelle, la partie la plus riche bien entendu !

Ad Vitam Basketball

NBA Europe Live Tour 2007

nba-europe-liveVous souvenez-vous-en ? En octobre dernier, Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et leurs coéquipiers des San Antonio Spurs avaient passé une semaine entière en France à Lyon pour y effectuer une partie de leur training camp et pour se préparer en affrontant l’Adecco ASVEL à Lyon à l’Astroballe et le Maccabi Tel Aviv à Paris Bercy. Un vrai honneur pour notre championnat et notre pays et une récompense pour les dirigeants villeurbannais. En parallèle au séjour français des Spurs, d’autres franchises NBA avaient eu le loisir de visiter l’Europe et de se préparer en Espagne (Barcelone), en Italie (Trévise), en Russie (Moscou) pour se retrouver en Allemagne, à Cologne pour terminer en feu d’artifice, dans une salle aussi belle que ce que veulent et demandent les ricains chez eux. Tout ça, c’était en 2006. La France était gâtée, fière d’accueillir un tel évènement. Elle pouvait surtout s’estimer chanceuse car même si le travail effectué par les dirigeants villeurbannais a montré à cette occasion qu’il payait, faire venir une équipe comme celle de Tony Parker dans une salle de 5600 places pour y organiser un match est proche du ridicule. Et puis si ce n’était pas l’ASVEL, quel autre club aurait pu soutenir un tel projet ? Quel club est assez structuré et assez ouvert pour investir sur un tel projet, très gourmant d’un strict point de vue financier ? Aucun. Si nous avons eu le NBA Europe Live Tour la saison passée, c’est essentiellement grâce à l’image de notre pays dans le monde, à son côté glamour, à l’effet Paris et au travail non dénué d’intérêt du club de l’agglomération lyonnaise. Car pour le reste, la NBA n’est pas venue pour nos magnifiques, modernes, spacieuses et luxueuses salles ni pour notre capacité reconnu à organiser de gros et grands shows. Non, Bercy étant déjà, pour ces exigeants hôtes, proche de la préhistoire du divertissement sportif, une salle juste bonne à organiser des matchs universitaires et encore pas de haut niveau.

Conséquence de tout ça ? Et bien, pour la seconde édition de cette foire de la NBA sur le vieux continent, pas d’étape française au programme. Les villes sélectionnées pour les training-camps étant Rome, Malaga, Istanbul et Trévise. Deux autres villes se retrouveront au programme pour les oppositions, à savoir Madrid mais aussi Londres où une salle multifonctions à la sauce ricaine vient d’être construite : la O2 arena. L’Angleterre qui n’est pas une terre de basket, loin de là, arrive à attirer la grande ligue chez elle sur la seule foi d’une luxueuse salle. Comme quoi, aux yeux des dirigeants de la NBA, la France n’a pas, aujourd’hui, plus d’atouts ou d’attraits que l’île de nos amis britanniques quant à la promotion du basketball américain. Comprenez que si l’hexagone est bien plus éduqué et évolué par rapport à la tradition de la balle orange, il n’en est encore qu’à la préhistoire au niveau des infrastructures, là où les anglais sont eux déjà aptes à abriter des shows dignes de ce nom et à proposer aux spectateurs, un niveau d’accueil et de satisfaction optimal. Il ne faut surtout pas s’y tromper. Nous avons paradé l’année passée mais cette saison nous serons bredouilles alors que nos voisins transalpins et hispaniques joueront encore cette saison à la baballe avec les grandes stars US. Mais bon comment lutter ? Malaga : 10000 places ! Madrid : je ne sais plus mais on doit pouvoir rentrer 12000 fans sans soucis. Trévise et Rome : allez voir vous-même ! Mais pensez à prévoir vos mouchoirs car le choc risque d’être important.

Alors question : sommes-nous une nation qui compte dans le basket européen des clubs et des ligues ? Travaillons-nous dans le bon sens ? Avons-nous de saines ambitions et surtout sont-elles dirigées vers des réalités de développement à long terme ?

Ad Vitam Basketball

Affluences en hausse en Pro A et en Pro B basket

Fin janvier, la Ligue Nationale de Basket a annoncé, via un communiqué de presse, que la fréquentation dans les salles de Pro A et de Pro B était en hausse à mi-saison. En effet, avec 747 558 spectateurs cumulés (494 802 en Pro A et 252 756 en Pro B), les salles de basket professionnel masculin ont accueilli plus de 8% de spectateurs supplémentaires en Pro A comme en Pro B en comparaison à la saison précédente. En moyenne, la Pro A passe de 2 987 à 3 234 spectateurs et la Pro B, de 1 528 à 1 652. Ceci récompense le travail effectué par les clubs mais aussi par la LNB et démontre l’intérêt grandissant suscité par notre sport.

Pour consulter le bilan diffusé par la ligue, cliquez sur le document ci-dessous :

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Mais, il convient de voir un peu plus dans le détail ces chiffres bruts et d’en analyser la teneur réelle. C’est pour cette raison que je me suis amusé à les décortiquer pour vous en faire ressortir les vraies tendances. J’ai choisi tout d’abord d’analyser les chiffres par championnat (Pro A et Pro B donc) mais aussi par club déjà présent au niveau étudié la saison précédente et par nouveaux venus ou partants (promus ou rétrogradés). Et vous allez le voir, le bilan n’est plus tout à fait le même…

A tout seigneur tout honneur, commençons donc par inspecter notre bonne vieille Pro A.

L’élite française est passée de 2 987 à 3 234 spectateurs par match soit +247 personnes par rencontre.

Les clubs déjà présents en 2005-2006.

Sur les clubs présents la saison passée, 9 ont vu leur moyenne de spectateurs augmenter alors que 7 ont accusé une baisse de leur fréquentation.

Les 9 clubs en hausse ont attiré 2441 spectateurs en plus par rencontre, soit 271 nouveaux fans par club et par rencontre en moyenne. On peut d’ailleurs distinguer les bons élèves que sont l’ASVEL (+657 spectateurs par match) et Roanne (+596 spectateurs par match).

De leur côté, les 7 clubs en baisse ont vu fuir 1269 spectateurs par rencontre, soit 181 désertions par club et par rencontre en moyenne. Là aussi, on peut distinguer les bonnets d’âne que sont Pau-Orthez (-441 spectateurs par match) et Le Mans (-329 spectateurs par match).

Ce qui nous fait une augmentation de 1172 spectateurs par match pour ces 16 équipes, soit un petit +74 fans par club et par match en moyenne bien maigrelet comparé au +247 présenté plus haut.

Les promus et les rétrogradés.

L’an dernier, Brest et Rouen cumulaient 3139 spectateurs par rencontre, soit environ 1570 personnes par match et par club.

Cette saison, les promus que sont Orléans et Besançon cumulent 6406 spectateurs par rencontre, soit 3203 personnes par match et par club.

Le différentiel entre les rétrogradés et les promus est donc de +3266 spectateurs cumulés par rencontre, soit +1633 personnes par match et par club.

Conclusion.

Pas de doute possible, si la Pro A connaît aujourd’hui une belle hausse de fréquentation dans ses salles, elle le doit en grande partie à ses promus et surtout à l’équipe orléanaise qui affiche fièrement une moyenne de 3409 spectateurs par match, bien plus qu’aux équipes déjà en place la saison passée. La Pro A profite aussi de l’arrivée de 2 clubs pouvant disposer de salles plus grandes que celles de Rouen et de Brest l’an dernier. Orléans réussit en effet à attirer 5000 personnes lors de grandes occasions durant lesquelles le club déménage au Zénith.

Petit coup d’œil maintenant sur la Pro B.

Le second niveau basket français est passé de 1 528 à 1 652 spectateurs par match soit +124 personnes par rencontre.

Les clubs déjà présents en 2005-2006.

Sur les clubs présents la saison passée, 9 ont vu leur moyenne de spectateurs augmenter alors que 5 ont accusé une baisse de leur fréquentation.

Les 9 clubs en hausse ont attiré 1971 spectateurs en plus par rencontre, soit 219 nouveaux fans par club et par rencontre en moyenne. On peut d’ailleurs distinguer les bons élèves que sont Vichy (+429 spectateurs par match) et Nantes (+382 spectateurs par match), Antibes (+343 spectateurs par match) et Levallois (+328 spectateurs par match).

De leur côté, les 5 clubs en baisse ont vu fuir 655 spectateurs par rencontre, soit 131 désertions par club et par rencontre en moyenne. Là aussi, on peut distinguer les bonnets d’âne que sont Angers (-434 spectateurs par match) et Saint Etienne (-108 spectateurs par match).

Ce qui nous fait une augmentation de 1316 spectateurs par match pour ces 14 équipes, soit un petit +94 fans par club et par match en moyenne, légèrement inférieur au +124 présenté plus haut.

Malgré tout, on peut d’emblée remarquer que les clubs déjà présents en Pro B l’an passé semble « mieux travailler » que les clubs déjà présents en Pro A en 2005-2006. Ils attirent en effet 20 personnes en plus par rencontre et par club comparé à leur homologues de l’élite.

Les promus et les rétrogradés.

L’an dernier, Orléans, Besançon, Charleville et Golbey-Epinal cumulaient 6782 spectateurs par rencontre, soit environ 1696 personnes par match et par club.

Cette saison, les nouveaux arrivants que sont Limoges, Poitiers (promus de N1), Brest et Rouen (rétrogradés de Pro A) cumulent 7711 spectateurs par rencontre, soit environ 1928 personnes par match et par club.

Le différentiel entre les partants et les arrivants est donc de +929 spectateurs cumulés par rencontre, soit environ +233 personnes par match et par club.

Conclusion.

Comme pour la Pro A, la Pro B profite de l’influence positive de ses nouveaux arrivants et plus particulièrement du retour au haut niveau d’une légende du basket français, le club de Limoges attirant à lui seul une moyenne de 3175 spectateurs par match ce qui représente la meilleure affluence de Pro B sur les deux derniers exercices.

Intéressons nous maintenant aux effets que provoque une relégation de Pro A en Pro B et ceux qu’engendre une accession de Pro B en Pro A sur les moyennes de spectateurs.

Rétrogradation de Pro A en Pro B.

En passant de Pro A en Pro B, Brest a perdu 222 spectateurs par match et Rouen 168. Ce qui donne un cumulé de -390 personnes par match soit -195 fans par match et par club.

Pour ces clubs, la rétrogradation leur aura coûté une baisse de 12,5% de leurs moyennes de spectateurs (-11% pour Brest et -14% pour Rouen).

Accession de Pro B en Pro A.

En passant de Pro B en Pro A, Besançon a gagné 547 spectateurs par match et Orléans 871. Ce qui donne un cumulé de +1418 personnes par match soit +709 fans par match et par club.

Pour ces clubs, l’accession en Pro A aura apporté une hausse de 28,4% de leurs moyennes de spectateurs (+22,3% pour Besançon et +34,3% pour Orléans).

Conclusion générale.

L’augmentation de la fréquentation des salles de Pro A et de Pro B est à souligner et tout le basket français peut s’en réjouir. Mais il faut malgré tout noter que cette hausse est plus le fruit du boom constaté chez les promus de Pro A, qui n’est que peu affecté par la légère baisse des rétrogradés en Pro B, que le résultat du travail des clubs déjà en place la saison précédente (même si ceux-ci connaissent eux aussi une augmentation mais toute légère). Il convient aussi de remarquer que les deux clubs promus de NM1 en Pro B cette saison (Limoges et Poitiers) apportent un total de +3168 spectateurs par rencontre, soit +1584 fans par club et par match comparé aux moyennes des deux clubs rétrogradés de Pro B en NM1 et qui ne rentrent donc plus dans le décompte final.

Et vous, que pensez-vous de ces chiffres et de cette hausse moyenne des affluences en LNB ?

Ad Vitam Basketball

Semaine des As : réussite sportive… mais flop médiatique

roanne-semaine-des-as.jpgDe jeudi à dimanche dernier, la 5ème édition de la Semaine des As de la Ligue Nationale de Basket se tenait à Nancy. Ce rendez-vous de mi-saison réunit les 8 meilleurs clubs du début de championnat de France de Pro A. Dans l’antre du SLUC Nancy Lorraine, vice champion de France 2006 et actuel leader du classement, c’est le petit poucet roannais, co-leader surprise à mi-saison, qui a créé la surprise. 14ème budget de Pro A, la Chorale de Roanne profite de ce tournoi pour valider une première partie de saison qui dépasse déjà tous les rêves des dirigeants. Avec un trophée en poche, la saison des hommes de Jean-Denis Choulet est déjà une réussite d’autant plus que la victoire acquise à cette Semaine des As 2007 ouvre les portes d’une coupe d’Europe (la FIBA Cup) à ce club qui déjoue pronostic sur pronostic. En finale, les roannais se seront débarrassés des manceaux, champions de France en titre et derniers vainqueurs de la Semaine des As. Rien de très facile donc. Ce résultat prouve une fois de plus la densité et la compétitivité de notre Pro A. D’un point de vue sportif, l’édition nancéenne est donc une vraie réussite d’autant plus que la LNB bat son record d’affluence sur ces 4 jours en ayant accueilli plus de 21000 personnes à Gentilly. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour faire de cette folle semaine un vrai évènement médiatique : record de spectateurs, victoire du petit poucet contre la grosse cylindrée, spectacle… Oui tout était bien là.

Mais voilà, nous sommes dimanche soir, il est 23h00 et je n’ai pas encore vu une seule image de ce rendez-vous basket. Pire, je n’ai toujours pas entendu ou vu le score de la finale. Sans le net, je ne saurais donc toujours pas qui des manceaux ou des roannais ont levé le trophée des As en fin d’après-midi.

17h30, dimanche 11 février 2007, bien installé dans mon canapé, je regarde la fin d’Irlande – France sur France 2. Bientôt « Sade 2 », je vais enfin savoir quelle équipe de basket est l’As de cette saison 2007. Comme d’habitude, l’émission revient d’entrée sur le titre principal, en l’occurrence ce beau match du Tournoi des 6 Nations qui vient de se conclure de façon magnifique. Très bien, je me dis que c’est normal, le rugby étant quand même plus médiatique que notre bon vieux basket. Je patiente donc. Et on continue avec un peu de Coupe Davis. Ah oui, la Coupe Davis, le tennis, ça aussi ça passe avant la balle orange. Et on enchaîne avec le championnat du monde de ski et les médailles françaises. Ok, je commence quand même à me gratter la tête et à regarder ma montre. Hopla, on poursuit avec le WRC et la deuxième place de notre champion du monde Loeb en Suède. Mouais, je veux bien. Ensuite, direction Paris pour le tournoi de judo et l’avènement d’une nouvelle génération française de judokas plus prometteurs les uns que les autres. Sympa, je découvre un grand gars de 2m04 pour 123 kg et je me dis que je le verrais bien claquer quelques dunks dans nos salles de basket. Je commence à gesticuler, à me retourner. Pas de doute, ça commence à me titiller. Bye bye les judokas, direction maintenant le Texas pour un reportage ô combien chiant et ô combien surréaliste sur le cyclisme et la signature de Ivan Basso à la Discovery. Pour info, Basso est plus que soupçonné (pour ne pas dire convaincu) de dopage et l’équipe américaine est l’ancienne écurie du très clean Lance Armstrong. Les yeux écarquillés, j’ai du mal à en croire mes yeux et mes oreilles. Mais bon toujours pas de Semaine des As à l’horizon. Et là, ce petit Gérard qui m’annonce avec le sourire qu’il est l’heure de rendre l’antenne à Drucker et sa chienne. Premier coup de bambou !

Mais je ne suis pas du genre à me débiner. Pas fou, malin comme un singe, l’œil vif, je me jette sur mon télé magasine. C’est à quelle heure « Tout le sport » ? Là, j’en suis sûr, je n’aurai pas de mauvaise surprise. Bah oui, « Tout le sport » c’est un titre prometteur non ? Donc, je passe des dernières nouvelles de Paris Hilton à la fiche recette de la tarte aux pommes de ma grand-mère pour tomber sur l’horaire de France 3. 20h10 ! Juste après les informations nationales. Pas question de louper le truc. 20h10, j’y suis. Et rebelote ! Rugby, ski, judo, WRC, tennis mais toujours pas de basket. Second coup sur la tête. Je suis de plus en plus septique. De colère, je décide donc de me venger sur la nourriture, le temps d’attendre le dernier flash sport de la télévision hertzienne : « Sport 6 ».

Je zappe donc une dernière fois, cap sur M6, la chaîne qui monte. Il faut patienter jusqu’à 20h40. Je suis opiniâtre, je ne lâche pas le morceau comme ça. J’ai déjà perdu plus de 2 heures alors je ne suis plus à ça près. C’est donc l’heure et encore une fois, j’assiste médusé à un copié-collé du service public. Toujours pas un mot, toujours pas une image mais encore plus grave, toujours pas un texte sur Roanne et sur la Semaine des As du basket français. Rien. J’hallucine. Je me pince juste pour voir si je ne suis pas en plein cauchemar. Mais non, je suis bien réveillé. Malheureusement…

Alors ? Conclusion ? Et bien, si sportivement la Semaine des As 2007 est une réussite, médiatiquement, c’est une vraie catastrophe, un échec retentissant pour la LNB et pour tout le basket français. Alors oui, pour la première fois, tous les matchs auront été diffusés sur Sport+. Alors oui tous auront été retransmis en direct mis à part un ¼ de finale. Alors oui, je ne suis pas au courant des droits d’images et autres accords de diffusion et de rediffusion. Mais moi je m’en tape un peu de tout ça. Tout ce que je vois, c’est que le français lambda, le monsieur tout le monde, n’a pas pu entendre parler de cet évènement du basket hexagonal. Les fans de la balle orange, eux, se seront mis en 4 comme moi juste pour connaître le résultat final. Une aberration. Mais nous, nous sommes déjà tout acquis à la cause Pro A, donc ça ne compte pas. Mais comment aller chercher de nouveaux adeptes si on est incapable de diffuser les images ou même les résultats de nos grosses manifestations sur le hertzien ? Je pose la question. S’il vous plaît, apportez-moi des réponses car je suis dans l’expectative.

Ad Vitam Basketball

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