Les Dragons Catalans ! Vous connaissez, vous ? Et bien ce n’est pas le nom du dernier manège d’un nouveau parc d’attraction français. Non. C’est tout simplement le nom d’une équipe professionnelle de Rugby à 13. Et si vous ne connaissez pas encore ce club, c’est bien dommage car, d’une certaine manière, cette équipe est une exception. Un ovni dans le paysage du sport pro français. Une embardée de jeunes Indiana Jones, partis à la recherche du temple perdu, ce temps déchu où le sport français pouvait s’afficher aux côtés des marques de bières, bien appréciées du spectateur et du téléspectateur lambda. Le spectateur moyen, celui toujours prêt à aller se désaltérer à la mi-temps dans les regrettées buvettes lucratives, là où le match est refait 10, 20, 30 fois et où la moindre décision malheureuse d’un joueur ou d’un entraîneur est pointée d’un doigt accusateur par des connaisseurs de la première heure. Et le téléspectateur, « regardeur » plus qu’observateur sportif mais pas très courageux sauf lorsqu’il s’agit de se lever de son canapé pour aller chercher une bière bien fraîche qui permettra de faire passer un peu plus vite les 10 à 15 irritantes minutes qui constituent la mi-temps. En notre beau pays, ces français moyens, cibles de nos annonceurs, n’auront pas la chance de boire la boisson alcoolisée officielle de leur club préféré. La faute à la loi Evin qui interdit toute vente ou publicité d’alcool ou de tabac dans les enceintes sportives. Ainsi, une jolie petite compétition comme la Heineken Cup, la Coupe d’Europe des clubs de rugby, se transforme, au contact des terres françaises, en HCup. On suppose que le directeur de la communication du groupe Heineken doit apprécier. Du côté du basket, une équipe comme le MSB Le Mans, qui va participer cette année à l’Euroleague pour la seconde fois consécutive, va être opposée à la redoutable équipe de l’Efes Istanbul. Efes ? Oui comme Efes Pilsen, cette petite blonde bien savoureuse venue du Bosphore.
Et bien ce « privilège » n’est plus réservé aujourd’hui à nos voisins européens, non embarrassés par les contraintes de notre loi. Non car ces bons petits Dragons Catalans ont mis le feu aux poudres. Ils ont signé un contrat de sponsoring avec la société des Vignerons Catalans. Lors de leurs rencontres à l’extérieur, les joueurs catalans portent un maillot floqué au nom de « fruité catalan ». Une appellation de vins de pays récemment lancée par ces viticulteurs.
Attendez ! Petite question : comment une équipe française de sport professionnel peut-elle se permettre un tel pied de nez à nos autorités sans courir le moindre risque ? Quel est le tour de magie ? En fait, les Dragons Catalans sont une équipe professionnelle de rugby à 13. Mais en France, point de rugby à 13 pro ! Attention, je n’ai jamais dit que cette belle équipe évoluait dans le championnat de France de Rugby à 13. Non car celui-ci est bien amateur. Ce club catalan est engagé dans le très populaire championnat de Rugby à 13 anglais : la « Engage SuperLeague », du nom de son sponsor (coucou le naming). Un championnat qui profite de plus de 1600 heures d’exposition TV par an chez nos voisins britanniques. Et voilà comment nos dragons peuvent faire la promotion en Angleterre des vins de pays « Fruité Catalan ». Et aucun soucis à cela puisque le club ne dépend pas d’une fédération française ou d’une ligue française professionnelle ayant délégation de pouvoir. Elle dépend essentiellement des instances anglaises.
Et voilà, la solution à l’énigme a été trouvée. A l’extérieur, le club n’a aucun problème pour porter ses maillots « Fruité Catalan » car la loi Evin ne peut y être appliquée en aucune manière. Simplement, il n’est pas si simple que ça à tous nos clubs de sport pro de s’engager dans une compétition étrangère. En basket, on pourrait voir Strasbourg en ligue allemande sponsorisé par Fisher, Lyon en ligue italienne sponsorisé par les producteurs de Côte du Rhône ou Gravelines en ligue belge sponsorisé par la bière Saint-Omer. Mais bon ce n’est pas encore prêt d’arriver et c’est un risque, tout ça juste pour signer une marque d’alcool comme sponsor. Non, ce n’est pas très sérieux ! La vraie opportunité, pour les clubs de basket français comme pour ceux du foot ou du rugby, arrivera lorsqu’une ligue européenne de sport collectif totalement fermée verra le jour. Une compétition gérée par une société de droit privée située à l’étranger. Une compétition qui sera retransmise dans les autres pays européens. Une compétition forte capable d’attirer de gros investisseurs. Là, la loi Evin aura pris du plomb dans l’aile et les dirigeants des clubs de sport pro français auront trouvé la parade à une contrainte qui les handicape aujourd’hui dans le contexte concurrentiel des compétitions européennes.
Comme quoi, il y a toujours une solution à tout problème. Il suffit simplement de voir un peu plus loin que le simple bout de son nez et d’oser. En développant un peu et du même coup en s’éloignant quelque peu du sujet, cette perspective jette également un froid sur la réalité de nos lois comparées aux législations européennes en matière de sport. Comment ne pas donner envie à des clubs comme l’Olympique Lyonnais ou l’Olympique de Marseille de voir le G14 accoucher d’une ligue fermée ? Et quand ce jour arrivera, car il arrivera, quel sera donc le niveau de nos championnats nationaux face à ces poids lourds. Comment nos compétitions hexagonales pourront rivaliser ? Existeront-elles encore, tout simplement ? Comme quoi, à toujours parler d’alcool, l’ivresse me rattrape bien vite et me fait dire beaucoup de bêtises. Oui ça doit sûrement être ça ! Essayons de nous rassurer comme nous pouvons…
Ad vitam Basketball
Elan Béarnais Pau Orthez. Un monument du basket français. 9 titres de champion de France. 3 Coupes de France. 3 Trophées des As. 1 Semaine des As. 1 Coupe Korac. Le club du sud ouest est la place forte du basket français depuis le déclin de Limoges dans le milieu des années 90. Sur les 10 dernières saisons de Pro A, Pau a empoché 5 titres. Une vraie hégémonie. Le club du directeur exécutif et ancien président Pierre Seillant, est aussi présent au plus haut niveau européen depuis 1996 sans interruption. Un vrai tour de force sur lequel la structure a voulu insister. En effet, la devise de cette place force du basket hexagonal en dit long sur les motivations et la philosophie locales : « le plus dure, c’est de durer ».
Où va l’ASVEL ? Telle était la question posée en couverture du Basketnews du 1er mars 2007. En effet, l’annonce d’une vente ou d’une ouverture du capital du groupe Gone&Sports, propriétaire de l’ASVEL mais aussi du Grand Prix de Tennis de Lyon et du Marathon de Lyon a fait jazzer dans le milieu du basket français qui n’est pas toujours un fervent supporter des ambitions affichées par l’équipe dirigeante villeurbannaise. Ici et là, nombreux sont ceux qui ont profité de cette information pour monter au créneau et accuser leurs collègues lyonnais de vouloir, « une fois de plus »,faire du business et de l’argent sur le dos d’un club de sport professionnel sans se soucier du reste.
Vous souvenez-vous-en ? En octobre dernier, Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et leurs coéquipiers des San Antonio Spurs avaient passé une semaine entière en France à Lyon pour y effectuer une partie de leur training camp et pour se préparer en affrontant l’Adecco ASVEL à Lyon à l’Astroballe et le Maccabi Tel Aviv à Paris Bercy. Un vrai honneur pour notre championnat et notre pays et une récompense pour les dirigeants villeurbannais. En parallèle au séjour français des Spurs, d’autres franchises NBA avaient eu le loisir de visiter l’Europe et de se préparer en Espagne (Barcelone), en Italie (Trévise), en Russie (Moscou) pour se retrouver en Allemagne, à Cologne pour terminer en feu d’artifice, dans une salle aussi belle que ce que veulent et demandent les ricains chez eux. Tout ça, c’était en 2006. La France était gâtée, fière d’accueillir un tel évènement. Elle pouvait surtout s’estimer chanceuse car même si le travail effectué par les dirigeants villeurbannais a montré à cette occasion qu’il payait, faire venir une équipe comme celle de Tony Parker dans une salle de 5600 places pour y organiser un match est proche du ridicule. Et puis si ce n’était pas l’ASVEL, quel autre club aurait pu soutenir un tel projet ? Quel club est assez structuré et assez ouvert pour investir sur un tel projet, très gourmant d’un strict point de vue financier ? Aucun. Si nous avons eu le NBA Europe Live Tour la saison passée, c’est essentiellement grâce à l’image de notre pays dans le monde, à son côté glamour, à l’effet Paris et au travail non dénué d’intérêt du club de l’agglomération lyonnaise. Car pour le reste, la NBA n’est pas venue pour nos magnifiques, modernes, spacieuses et luxueuses salles ni pour notre capacité reconnu à organiser de gros et grands shows. Non, Bercy étant déjà, pour ces exigeants hôtes, proche de la préhistoire du divertissement sportif, une salle juste bonne à organiser des matchs universitaires et encore pas de haut niveau.
La question peut paraître déplacée tant le sujet est sensible, même aujourd’hui. Mais elle mérite d’être posée d’un pur point de vue d’image, de notoriété et de gros sous. En effet, le mois dernier, John Amaechi, ancien joueur NBA entre les années 1995 et 2003, qui a aussi fréquenté les parquets de LNB durant deux saisons, a annoncé son homosexualité avant la parution de son livre intitulé « A man in the middle », son histoire de joueur gay dans le monde de la NBA.