Elan Béarnais Pau Orthez. Un monument du basket français. 9 titres de champion de France. 3 Coupes de France. 3 Trophées des As. 1 Semaine des As. 1 Coupe Korac. Le club du sud ouest est la place forte du basket français depuis le déclin de Limoges dans le milieu des années 90. Sur les 10 dernières saisons de Pro A, Pau a empoché 5 titres. Une vraie hégémonie. Le club du directeur exécutif et ancien président Pierre Seillant, est aussi présent au plus haut niveau européen depuis 1996 sans interruption. Un vrai tour de force sur lequel la structure a voulu insister. En effet, la devise de cette place force du basket hexagonal en dit long sur les motivations et la philosophie locales : « le plus dure, c’est de durer ».
Un déménagement salutaire.
Ce succès, l’équipe béarnaise l’a construit sur le parquet mais pas seulement. Au départ, on ne parlait pas de Pau Orthez mais seulement d’Orthez. Petite bourgade des Pyrénées où l’on pouvait déjà croiser de sacrés basketteurs. Un club et une salle mythique : la Moutète. Petite, chaude, légendaire. Un lieu qui sentait le basket. Mais au début des années 90, les orthéziens se sentent légèrement à l’étroit à la Moutète et ne voient pas l’avenir aussi rose qu’ils le souhaiteraient dans leur village. Bien vite une solution est trouvée. Le club migrera vers le tout proche voisin palois avec en prime la construction d’une nouvelle salle, un Palais des Sports de 7707 places. Le déménagement se fait non sans quelques larmes mais celles-ci sont vite séchées. En effet, les dirigeants béarnais ont eu un temps d’avance sur leurs homologues français. Doté d’une telle salle, d’un tel écrin, le nouvel Elan Béarnais Pau Orthez va s’installer durablement tout en haut des classements et finir par écraser la concurrence. Ce déménagement aussi douloureux soit-il aura été le facteur déclenchant de la domination paloise. Aucune équipe de basket française n’est capable de rivaliser avec les infrastructures que propose Pierre Seillant à ses joueurs, spectateurs et sponsors. Et naturellement, la petite ville du sud ouest s’impose comme le budget le plus solide de Pro A. Et il en sera ainsi durant 15 bonnes années, jusqu’à aujourd’hui.
L’ascension se termine, place à la descente.
Car aujourd’hui, si le club palois est toujours le plus fort financièrement, il a atteint son apogée au début des années 2000 et sent maintenant que la pente s’inverse, que le déclin s’amorce doucement mais surement. Comme tout produit, l’Elan a sa courbe de vie, une parabole. Bien que toujours attractif pour les joueurs et les sponsors, l’Elan Béarnais Pau Orthez n’a plus gagné le championnat de France de basket depuis 2004. Pire, il n’a pas participé aux play-offs cette saison. Pau absent de la post saison, des 8 meilleures formations françaises ? Une fausse vilaine blague qui n’est pas plus qu’une dure réalité. Le club du direx Seillant n’est plus ce qu’il était de l’aveu même de son emblématique dirigeant. Ce dernier avoue qu’il va certainement falloir en passer par des années de vaches maigres pour relancer la machine, qu’il est impossible de se maintenir tout en haut de l’échelle éternellement. Il en a conscience, une époque s’est terminée, une page s’est tournée. Les avantages conquis sur les adversaires grâce au Palais des Sports ne suffisent plus. Pau a atteint ses limites, son « seuil de compétence ». L’ancien assureur des AGF le sait. Il va falloir changer les choses s’il ne veut pas voir son club s’enliser dans le ventre mou du basket français. Il sait que pour continuer à grandir, à progresser, pour s’ériger face aux autres clubs, il va falloir de nouveau avoir un coup d’avance, comme il y a 15 ans.
Le basket français à un tournant.
Car la France du basket est en train de connaître une mutation. René Le Goff, Président de Ligue Nationale de Basket avait souhaité faire un petit inventaire du monde de la balle orange en commandant un livre blanc du basket français. Les conclusions de cette étude ont été sans discussion possible : les clubs français ne sont et ne peuvent pas être compétitifs face à leurs homologues européens ou face aux autres sports collectifs sur son propre sol. Des solutions ont donc été préconisées et un projet de Superligue est sorti de terre pour justifier les futurs changements à venir. Une Superligue basée tout autant sur le mérite sportif que sur des données structurelles et économiques a alors été dessinée : capacité de salle minimum, budget minimum, répartition des ressources… Entre les lignes, le projet est clair. Il va falloir grossir ; exploiter au maximum les capacités des clubs. Il va falloir se mettre au niveau des voisins espagnols, italiens, allemands et même belges. Et ceci ne sera possible qu’avec de nouvelles installations, de nouvelles salles, de nouveaux espaces d’accueil… Il va falloir se diriger vers les grandes zones urbaines. Car c’est bien là le problème du basket français. C’est un sport de village et non de grandes villes comme le football. Sur les 10 plus grandes zones urbaines françaises, on ne compte que 4 équipes de Pro A : Paris (Paris-Levallois), Lyon (ASVEL), Strasbourg (SIG) et Toulon (HTV). Pas de Marseille, pas de Lille, pas de Toulouse, pas de Nice, pas de Bordeaux, pas de Nantes (l’Hermines est en Pro B). Un vrai handicape pour un sport qui veut se développer. Et René Le Goff le sait. Il a récemment accueillit les bras grands ouverts la fusion entre le Paris Basket Racing et le club de Pro B de Levallois. Une fusion qui laisse enfin espérer voir se développer un grand club dans la capitale. Il voit aussi d’un très bon œil les agissements des dirigeants asveliens qui ont pourtant claqué la porte de la LNB. Il se frotte les mains quand il va assister à un match dans le récent Palais des Sports de Toulon. Par contre, quand on lui parle de Cholet, de Chalon, de Dijon, de Roanne ou de Vichy, il respecte mais il ne voit pas les mêmes perspectives. Quand on lui dit Pau, malgré le palmarès, son analyse est la même. Ce n’est pas grâce aux villes moyennes que la balle orange décollera dans notre pays. Et Le Goff n’est pas le seul à le penser…
Retour vers le futur ?
En effet, en coulisse, il se dit que Seillant aurait déjà une petite idée derrière la tête pour redresser la barre de « SON Elan Béarnais ». On sait que le mythique dirigeant palois devrait bientôt tirer sa révérence pour profiter d’une retraite bien méritée. On imagine donc qu’il aura à cœur de léguer un beau projet à ceux qui prendront sa suite. On serait prêt à parier qu’il ne voudra pas voir son bébé mourir sans rien faire, sans rien tenter pour le sauver, pour le faire rebondir. REBONDIR. Comme il y a 15 ans… Les rumeurs disent que la solution a déjà été trouvée et que le prési-direx étudierait la possibilité d’un nouveau déménagement. Pau est aujourd’hui trop petite pour les ambitions de son équipe. Les dirigeants le savent, le bassin de population est trop faible pour espérer résister aux futurs cadors qui se construisent en Pro A dans les grandes villes de Lyon et de Paris. S’ils veulent garder le même niveau de jeu et d’ambitions, les dirigeants vont devoir, une nouvelle fois prendre les choses en main et faire couler quelques larmes. Seillant a Bordeaux dans son viseur. 200 km, c’est éloigné mais la ville et la zone urbaine sont assez grandes pour nourrir le projet palois. Là-bas, il n’y a pas encore de basket de haut niveau même si le club local, la JSA évolue en Nationale 1.
Alors va-t-on revivre le même scénario qu’il y a 15 ans ? L’Elan Béarnais va-t-il déménager vers Bordeaux et faire couler quelques larmes ? Les dirigeants vont-ils une nouvelle fois avoir un coup d’avance sur la concurrence pour recommencer à gagner ? Il faudra en tout cas peser le pour et le contre et trancher. Et c’est encore Pierre Seillant, l’architecte de la première délocalisation qui va devoir s’y coller. « Le plus dur, c’est de durer »…
Ad Vitam Basketball
Où va l’ASVEL ? Telle était la question posée en couverture du Basketnews du 1er mars 2007. En effet, l’annonce d’une vente ou d’une ouverture du capital du groupe Gone&Sports, propriétaire de l’ASVEL mais aussi du Grand Prix de Tennis de Lyon et du Marathon de Lyon a fait jazzer dans le milieu du basket français qui n’est pas toujours un fervent supporter des ambitions affichées par l’équipe dirigeante villeurbannaise. Ici et là, nombreux sont ceux qui ont profité de cette information pour monter au créneau et accuser leurs collègues lyonnais de vouloir, « une fois de plus »,faire du business et de l’argent sur le dos d’un club de sport professionnel sans se soucier du reste.
Vous souvenez-vous-en ? En octobre dernier, Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et leurs coéquipiers des San Antonio Spurs avaient passé une semaine entière en France à Lyon pour y effectuer une partie de leur training camp et pour se préparer en affrontant l’Adecco ASVEL à Lyon à l’Astroballe et le Maccabi Tel Aviv à Paris Bercy. Un vrai honneur pour notre championnat et notre pays et une récompense pour les dirigeants villeurbannais. En parallèle au séjour français des Spurs, d’autres franchises NBA avaient eu le loisir de visiter l’Europe et de se préparer en Espagne (Barcelone), en Italie (Trévise), en Russie (Moscou) pour se retrouver en Allemagne, à Cologne pour terminer en feu d’artifice, dans une salle aussi belle que ce que veulent et demandent les ricains chez eux. Tout ça, c’était en 2006. La France était gâtée, fière d’accueillir un tel évènement. Elle pouvait surtout s’estimer chanceuse car même si le travail effectué par les dirigeants villeurbannais a montré à cette occasion qu’il payait, faire venir une équipe comme celle de Tony Parker dans une salle de 5600 places pour y organiser un match est proche du ridicule. Et puis si ce n’était pas l’ASVEL, quel autre club aurait pu soutenir un tel projet ? Quel club est assez structuré et assez ouvert pour investir sur un tel projet, très gourmant d’un strict point de vue financier ? Aucun. Si nous avons eu le NBA Europe Live Tour la saison passée, c’est essentiellement grâce à l’image de notre pays dans le monde, à son côté glamour, à l’effet Paris et au travail non dénué d’intérêt du club de l’agglomération lyonnaise. Car pour le reste, la NBA n’est pas venue pour nos magnifiques, modernes, spacieuses et luxueuses salles ni pour notre capacité reconnu à organiser de gros et grands shows. Non, Bercy étant déjà, pour ces exigeants hôtes, proche de la préhistoire du divertissement sportif, une salle juste bonne à organiser des matchs universitaires et encore pas de haut niveau.
La question peut paraître déplacée tant le sujet est sensible, même aujourd’hui. Mais elle mérite d’être posée d’un pur point de vue d’image, de notoriété et de gros sous. En effet, le mois dernier, John Amaechi, ancien joueur NBA entre les années 1995 et 2003, qui a aussi fréquenté les parquets de LNB durant deux saisons, a annoncé son homosexualité avant la parution de son livre intitulé « A man in the middle », son histoire de joueur gay dans le monde de la NBA.
Je vous parlais en début de semaine, des “marketing workshop days” mis en place par l’ULEB. Ce rendez-vous de deux jours avait pour but d’exposer aux 48 équipes participant à l’Euroleague et à l’ULEB Cup différentes stratégies de marketing et de communication à mettre en place pour développer un club de basket pro ambitieux.



